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Essai - Peugeot 3008 GT, à deux doigts du premium

Avec son look moderne, ses nombreux équipements et le moteur HDi de 180 ch sous le capot, ce Peugeot 3008 GT présente des arguments séduisants.

Avec son look moderne, ses nombreux équipements et le moteur HDi de 180 ch sous le capot, ce Peugeot 3008 GT présente des arguments séduisants. - JB

Nous avons testé la version la plus poussée de l'actuelle star des ventes de SUV compact et tout fraîchement élu voiture de l'année, le Peugeot 3008. Avec son look modernisé et le moteur diesel Hdi de 180 chevaux sous le capot, ce 3008 GT vaut-il vraiment le coup?

Deux ans après la 308, Peugeot se voit de nouveau couronné à Genève avec le titre de voiture de l'année 2017 pour son 3008. Le successeur du monospace de première génération (2009), pour l'occasion métamorphosé en SUV compact (l'un des segments les plus "bankable" du moment pour les constructeurs), est déjà un carton en termes de ventes.

Depuis son lancement en octobre, l'une des stars du dernier Mondial de Paris a déjà engrangé 129.000 commandes en Europe. Le tout avec des finitions de niveau supérieur (Allure et GT Line) à 85%. Et 50% en boîte automatique.

Avec ses lignes agressives et sa calandre imposante, ce 3008 GT a de l'allure.
Avec ses lignes agressives et sa calandre imposante, ce 3008 GT a de l'allure. © SE

Mais pourquoi le Peugeot 3008 GT?

Pour fêter ce titre de "car of the year", nous avons décidé de tester la version la plus poussée du SUV, le 3008 GT. C'est donc bien sûr la plus coûteuse, avec un tarif à 42.050 euros (sans options). Pour ce prix, on dispose du moteur le plus puisant de la gamme, le 2 litres BlueHDi de 180 chevaux associé à la boîte automatique EAT6.

Les équipements sont nombreux: accès et démarrage mains libres, air conditionné automatique bi-zone et le très pratique coffre motorisé avec ouverture du hayon mains libres en passant son pied au niveau du pare-choc.

L'option hayon mains libres qu'on retrouve désormais sur de nombreux modèles se révèle vraiment pratique.
L'option hayon mains libres qu'on retrouve désormais sur de nombreux modèles se révèle vraiment pratique. © JB

Au passage, et pour affirmer son caractère GT, ce modèle profite de jantes 19 pouces exclusives, d'ailes élargies, des rétroviseurs et de canules d'échappement chromées et des phares full-led à l'avant. Les décors sur la planche de bord et sur les panneaux de portes en bois véritable de chêne gris donnent un certain cachet à l'habitacle, avec un aspect premium malgré quelques imperfections de finition. 

En ajoutant des options comme le toit ouvrant panoramique, la recharge de smartphone par induction, la prise 220V à l'arrière et le système Hi-fi haute qualité, le tarif de notre modèle d'essai grimpe encore de 3900 euros pour atteindre 45.950 euros. On s'approche ainsi des prix pratiqués par des concurrents allemands, comme un Audi Q3 (voir "LE chiffre"). 

De profil,  ce 30008 GT affiche un design dynamique sans trop en rajouter.
De profil, ce 30008 GT affiche un design dynamique sans trop en rajouter. © JB

Derrière le volant

En ville comme sur route, le moteur diesel de ce 3008 GT se montre particulièrement agréable. Le start&stop renforce la sensation de confort à bord. Le silence à l'arrêt aux feux ne marque toutefois pas une grande différence avec un moteur qui se révèle plutôt discret dans l'ensemble.

En revanche, si vous activez le mode sport, vous aurez un son beaucoup plus sportif, dont on soupçonne d'ailleurs qu'il bénéficie du soutien des enceintes. Avec sa direction durcie et un comportement beaucoup plus dynamique (surtout si on passe en mode manuel avec les palettes au volant), ce mode ravira les clients avides de sensation même si on reste sur un SUV compact qui ne se destine pas à jouer les sportives. 

Surtout qu'on appréciera finalement davantage rouler en mode classique, avec un comportement du châssis remarquable qui invite à une conduite plus tranquille. Cela permet aussi (et surtout) de limiter la consommation: sur un Paris-Nantes, l'écran affichait 7,5 l/100 km (en mode classique mais avec une moyenne de vitesse plutôt rapide), alors que sur un test du mode sport, nous avons rapidement dépassé les 10 litres. 

A vitesse élevée sur autoroute justement, le moteur montre toutefois ses limites. Il manque un peu de reprise pour doubler sereinement dans un trafic un peu dense: il faut donc soit s'imposer en risquant de gêner le véhicule qui arrive derrière ou attendre un espace suffisant laissé par une voiture qui respecterait les distances de sécurité... ce qui arrive rarement. 

Sur un trajet autoroutier à vitesse un peu poussée, la consommation était de 7,7 litres aux 100.
Sur un trajet autoroutier à vitesse un peu poussée, la consommation était de 7,7 litres aux 100. © JB

Côté vie à bord, ce 3008 GT se montre très accueillant.

Le toit panoramique renforce la luminosité et la sensation d'espace à bord. Pour le conducteur, bien installé dans son i-cockpit (voir "LE truc en plus"), ce n'est pas du luxe car on peut tout de même sentir un peu étouffé par cette concentration d'équipements autour du poste de pilotage.
Le toit panoramique renforce la luminosité et la sensation d'espace à bord. Pour le conducteur, bien installé dans son i-cockpit (voir "LE truc en plus"), ce n'est pas du luxe car on peut tout de même sentir un peu étouffé par cette concentration d'équipements autour du poste de pilotage. © JB

Si les accords entre les différents matériaux, la sellerie cuir et les sièges chauffants et massants à l'avant (mention spéciale pour le mode "Cat pow") nous donne l'illusion d'être dans un vaisseau premium, certains détails nous rappellent que nous sommes chez un généraliste. Le conducteur a ainsi droit à un réglage électrique de son siège alors que le passager avant se contentera de manettes à l'ancienne. 

Autre déception, le régulateur de vitesse adaptatif associé aux différents capteurs (dont ceux pour le maintien dans la ligne) nous font regretter l'absence d'un assistant de conduite dans les embouteillages. Le véhicule détecte bien les ralentissements, peut aller jusqu'à l'arrêt total... mais désactive le régulateur lorsque le trafic repart devant. Un excès de prudence de PSA ou une volonté de réserver ces fonctions à sa marque premium DS certainement. Cela ne permet en tout cas pas à ce 3008 GT de cocher toutes les cases du SUV compact et urbain idéal, alors qu'il dispose d'un assistant au parking assez poussé.

Si le conducteur a le droit à des réglages électriques de son siège, ce n'est pas le cas du passager avant. Il pourra tout de même se consoler avec un massage.
Si le conducteur a le droit à des réglages électriques de son siège, ce n'est pas le cas du passager avant. Il pourra tout de même se consoler avec un massage. © JB

"LE" truc en plus: un i-cockpit "éblouissant"

C'est ce qui frappe d'emblée, quand on s'installe au volant de ce nouveau 3008. Son fameux i-cockpit, avec deux écrans, un derrière le volant pour afficher les informations principales et un tactile au centre pour gérer les différentes fonctions. Juste sous ce deuxième écran, les fameuses touches piano pour accéder rapidement aux différentes fonctions (musique, climatisation navigation, réglages véhicule, téléphone...).

L'intérieur offre une nouvelle interprétation du i-cockpit de Peugeot
L'intérieur offre une nouvelle interprétation du i-cockpit de Peugeot © JB

Si l'ensemble représente une réussite côté design, on émettra toutefois quelques réserves. Avec des touches alignées en file indienne, il est difficile de se passer de les regarder pour savoir sur quoi on appuie, ou alors il faut avoir pris de bonnes leçons de piano! Résultat: en conduite, on tâtonne un peu à l'aveugle avant de tomber sur la fonction souhaitée. Une disposition sur plusieurs niveaux aurait peut-être apporté un peu plus d'ergonomie. D'autant que l'accès aux touches situées juste en dessous (sièges chauffants, dégivrage et verrouillage du véhicule) n'est pas vraiment facilité avec les belles touches chromées qui les cachent en partie. Clou du spectacle, le bouton de réglages du volume semble très fragile avec son plastique pas du tout premium et est placé côté conducteur alors que ce dernier peut déjà effectuer cette commande au volant.

C'est un peu dommage car tant sur les animations affichées à l'écran, la réactivité du tactile et les différentes fonctions, Peugeot livre une très belle copie sur cet équipement "infotainment" désormais incontournable dans une voiture moderne.

Dernier bémol dans ce récital: s'il est possible de régler la luminosité de l'écran de navigation (voire de l'éteindre complètement), nous n'avons pas trouvé la possibilité d'en faire de même avec l'écran derrière le volant. Or, de nuit, il s'est révélé un peu trop lumineux. Si Peugeot s'est bien modernisé avec ce i-cockpit, une petite mise à jour "over the air" à la Tesla devrait rapidement corriger ce problème!

"LE chiffre": 46.895

46.895 euros: c'est le prix d'un concurrent premium plutôt flatteur pour ce Peugeot 3008 GT, puisqu'il s'agit de l'Audi Q3, en finition "Ambition Luxe" avec le moteur 2 litres diesel TDI de 150 chevaux et la boîte automatique certes moins puissant. Bon, si on pousse un peu sur les options (une spécialité chez Audi), on arrive tout de même à près de 50.000 euros pour le Q3. Le Peugeot 3008 GT remporte donc son match au niveau du rapport équipements & motorisation/prix.

Dans une catégorie légèrement en-dessous, le Peugeot 3008 vise surtout le Volkswagen Tiguan à motorisation équivalente (TDI 190 chevaux mais avec 4 roues motrices) et dans sa finition la plus élevée se retrouve à 48.200 euros

Pour un 3008 GT plus puissant (et essence), il faudra patienter jusqu'en 2019, avec une très attendue version hybride électrique qui fera aussi profiter le SUV compact de la transmission intégrale. Surtout que cette version corrigera une anomalie de l'histoire, avec un 3008 GT qui sur le papier reste moins puissant que l'ancienne version la plus performante de la précédente génération (en Hybrid4 diesel la motorisation affichait une puissance cumulée de 200 ch).

Notre modèle à l'essai: Peugeot 3008 GT équipé d'un moteur diesel 2 litres BlueHdi de 180 chevaux et de la boite automatique EAT6.

Le projecteur de rétro permet d'afficher son amour du lion et aussi plus basiquement d'éclairer le sol. Et rappelle la Ford Mustang, qui fait de même avec son célèbre pony. Ou comment allier l'esthétique au pratique.
Le projecteur de rétro permet d'afficher son amour du lion et aussi plus basiquement d'éclairer le sol. Et rappelle la Ford Mustang, qui fait de même avec son célèbre pony. Ou comment allier l'esthétique au pratique. © JB
Au siège-showroom parisien de Peugeot, on affiche fièrement le titre de voiture de l'année 2017.
Au siège-showroom parisien de Peugeot, on affiche fièrement le titre de voiture de l'année 2017. © JB
Julien Bonnet