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Essai - Fiat Tipo: l'Italienne économique et écologique

La Tipo était apparue une première fois en 1988, c'était alors la compacte de la gamme Fiat. En 2016, elle reste une compacte, avec un positionnement qui se veut très économique.

La Tipo était apparue une première fois en 1988, c'était alors la compacte de la gamme Fiat. En 2016, elle reste une compacte, avec un positionnement qui se veut très économique. - FCA

Dernière-née de la gamme Fiat, la Tipo déploie d’intenses efforts pour séduire les automobilistes. Disponible en trois carrosseries (4 et 5 portes, break SW), elle peut rouler à l’essence, au gazole, mais aussi au GPL. Un carburant économique qui l'est tout autant que cette auto disponible à partir de 13.990 euros.

Fiat revient en force sur le segment des berlines compactes. Après s’être concentré pendant près de dix ans sur sa "nuovo 500" - déclinée en de sages versions familiales (500, 500 C, 500 L, 500 Wagon et 500 X) ou plus sportives (Abarth 595, 595 C, 695 Biposto) - le constructeur transalpin s'est attaqué, en 2014, au remplacement de la discrète Bravo. 

Dévoilée en mars 2016 à l'occasion du salon de Genève (Suisse), sa descendante reprend à son compte l'appellation "Tipo" apparue pour la première fois en 1988 dans le catalogue Fiat. Sur d'autres marchés, comme en Turquie, le nouvelle compacte se nomme Fiat Egea. 

La famille Tipo se compose d'une berline 4 portes (à malle arrière), d'une compacte 5 portes et d'un break SW. De menus détails esthétiques permettent de différencier les trois carrosseries.
La famille Tipo se compose d'une berline 4 portes (à malle arrière), d'une compacte 5 portes et d'un break SW. De menus détails esthétiques permettent de différencier les trois carrosseries. © FCA

>> Mais pourquoi... la Fiat Tipo?

La Tipo est à Fiat ce que la Sandero (ou la Logan) est à Dacia. Une voiture "raisonnablement peu coûteuse". Comme l'indiquent les responsables de Fiat, d'un point de vue purement marketing, la Tipo ne fait pas partie de la "gamme plaisir" (composée de la 500 et de ses dérivés) mais de la "gamme rationnelle" du constructeur, notamment représentée par la petite Panda et le ludospace Doblo.

Les modèles qui composent cette seconde catégorie du catalogue Fiat "ont pour but d'offrir l'essentiel" aux clients pour un prix contenu. C'est-à-dire une dotation d'équipement correcte (vitres électriques, autoradio, climatisation, banquette fractionnable) associée à des moteurs économiques: deux essence et deux diesel de 95 et 120 chevaux dans le cas de la Tipo.

Une telle philosophie permet à Fiat de commercialiser sa berline au prix... d'une mini-citadine! Ainsi, la Tipo "de base", équipée du moteur 1.4 essence de 95ch s'affiche à 13.990 euros hors options. Mieux, à l'heure où nombre de constructeurs sont empêtrés dans divers scandales liés aux émissions polluantes de leurs véhicules, Fiat -également soupçonné de frauder la législation- est l'un des rares constructeurs (avec Dacia une nouvelle fois, mais aussi Opel) à s'intéresser aux carburants alternatifs.

Ainsi la Fiat Tipo, comme la Panda et la Punto avant elle, à la possibilité de fonctionner au GPL. Apparu dans les stations-service hexagonales au début des années 80 ce carburant, composé d'un mélange de butane et de propane, est mal-aimé des Français. Le GPL a connu son heure de gloire jusqu'au milieu des années 1990. Avant de susciter la défiance des consommateurs à la suite de faits divers (comme l'explosion d'un véhicule en 1999 à Vénissieux) ayant émaillé sa jeunesse.

À la faveur des incitations fiscales mises en place par l'État, il a su retrouver ces dernières années un public fidèle. Ce fut particulièrement le cas entre 2008 et 2010 lorsque le montant du bonus écologique accordé aux véhicules GPL était de 2000 euros. De 2600 véhicules GPL écoulés en 2008, les ventes dépassèrent la barre des 75 500 unités vendues en 2010! Depuis, les autorités ont coupé les vannes et les ventes se sont érodées.

"Moins de 400 véhicules en 2016, contre 120.000 en Italie", commente Joël Pedessac, le directeur général du Comité français du butane et du propane.

Si la présentation fait moderne au premier coup d'oeil, la qualité des matériaux n'est, en revanche, pas au rendez-vous.
Si la présentation fait moderne au premier coup d'oeil, la qualité des matériaux n'est, en revanche, pas au rendez-vous. © FCA

>> Au volant:

Contact mis, comme tous les véhicules à bicarburation essence/GPL, la Fiat Tipo 1.4 T-Jet 120 chevaux démarre d'office sur le réservoir d'essence. La bascule vers le réservoir de gaz s'effectue très rapidement et imperceptiblement, une fois que le moteur est suffisamment chaud. Via un commutateur placé sur le tableau de bord, le conducteur peut à tout moment reprendre la main et basculer d'un réservoir à l'autre (100% essence ou 100% GPL), même en conduisant. Bien sûr, avec deux réservoirs à bord – pardon, un réservoir et une bombonne – deux jauges à carburant, très lisibles, prennent place autour de l'ordinateur de bord.

Sur route, le bon côtoie le moins bon. Étonnamment à l'aise en ville, malgré un gabarit imposant -gare aux angles morts!- la Tipo s'insère sans trop de difficultés dans la circulation. Son moteur 1.4 de 120 chevaux assure des accélérations franches et rassurantes au feux verts comme sur voie rapide. Qu'on ne s'y trompe pas cependant, la dernière-née de Fiat est loin d'être une berline dynamique. Si son comportement est sain, même sur chaussée dégradée, le véhicule ne procure aucun plaisir de conduite. Pire, à l'usage, plusieurs agacent. À commencer par la boîte 6 vitesses plutôt accrocheuse. À chaque passage de rapport il est nécessaire de bien décomposer le mouvement, et plus encore en 1ère à cause d'un système stop and start fort susceptible.

Côté présentation, l'ensemble fait preuve d'un classicisme déprimant. Sur les finitions les plus huppées un GPS de 7 pouces "trône au sommet de la planche de bord", comme l'indique la brochure du véhicule. Tactile, il est censé "réagir comme une tablette" et offrir "une navigation d'une rapidité étonnante". À l'usage, dès que l'on touche l'écran pour se déplacer (ou tenter vainement de zoomer) la carte revient dans sa position initiale une fois que le véhicule se met en mouvement. On a connu plus pratique comme système embarqué. Enfin, au royaume du plastique dur, noir et granuleux, le logo Fiat incrusté sur le volant et une baguette grise ont reçu pour mission d'égayer l'intérieur de cette berline d'un autre temps.

Très lisible, le combiné d'instrumentation de la Fiat Tipo dispose de deux jauges. Celle située à gauche de l'écran central indique le niveau d'essence disponible dans le réservoir. Celle de gauche, la quantité de gaz restant dans la bonbonne.
Très lisible, le combiné d'instrumentation de la Fiat Tipo dispose de deux jauges. Celle située à gauche de l'écran central indique le niveau d'essence disponible dans le réservoir. Celle de gauche, la quantité de gaz restant dans la bonbonne. © FCA

>> "LE" truc en plus: sa bombonne de GPL

Outre son prix canon, "le" truc en plus de la Fiat Tipo est bien la bombonne de GPL qu'elle embarque. Caché dans le double plancher du coffre, à la place de la roue de secours, cet accessoire ampute 80 litres de chargement, mais permet à la Tipo d'embarquer 53 litres du mélange gazeux. Ce qui lui permet d'évoluer sur 638 kilomètres sans faire appel à une seule goutte d'essence.

Si les voitures roulant au GPL ont perdu leur bonus écologique (voir plus haut), elles conservent cependant de nombreux avantages non négligeables pour un automobilistes en 2017. Certaines régions prennent, à leur charge, 50% de la carte grise du véhicule tandis que d'autres régions offrent le certificat d'immatriculation. Mieux, l'ensemble des véhicules GPL (achetés neufs ou d'occasion, équipés d'une bonbonne de gaz d'origine ou en seconde monte) bénéficient de la vignette Crit'Air 1. Ce qui leur permet de circuler sans restriction lors des pics de pollution.

Enfin, l'addition à la pompe est moins salée. Un litre de GPL coûtant en moyenne 0,80 euro. Pour rappel et contrairement à une idée répandue, les véhicules GPL ont parfaitement le droit de stationner dans des parkings souterrains. S'il est vrai que nombre d'exploitants affichent encore à l'entrée de leurs garages un panneau annonçant le contraire, cette interdiction n'a plus cours depuis 2006. Tous les réservoirs de GPL ont été munis d'une soupape de sécurité à partir de 2001.

>> "LE" chiffre: 1500 euros

Voilà un chiffre qui caractérise la gamme Tipo. C'est, en euros, la somme qui sépare toutes les versions de la compacte. Passer de la berline 4 portes à la berline 5 portes réclame 1500 euros. Passer de la berline 5 portes au break SW réclame 1500 euros également.

Cet écart de prix se retrouve aussi entre les quatre finitions: Base, Pop, Easy et Lounge. Fiat réclame également le même différentiel entre les 5 motorisations. 1500 euros séparent le "petit" bloc essence 1.4 95 chevaux du "gros" 1.6 T-Jet 120 chevaux. Idem en diesel pour passer du 1.3 MultiJet au 1.6 MultiJet.

1500 euros de plus que la version essence équivalent, c'est également ce que réclame la version GPL. Une somme qui correspond à la transformation réalisée (pose de la bombonne et du kit GPL). Cette modification, réalisée directement en usine, sera certainement offerte par les concessionnaires à la fibre écolo.

Notre modèle d'essai : Fiat Tipo (5 portes) 1.4 T-Jet 120ch GLP Easy à 19.900 euros

Antonin Moriscot