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Nous avons testé le Mosh Serial 1, le vélo électrique d'Harley Davidson

Après des mois d'attente, la gamme de vélos électriques d'Harley Davidson est en vente. Nous avons pris le guidon du Mosh Serial 1, un citadin vif, rapide et qui offre une autonomie de 150 km.

Ceux qui pensent qu'Harley Davidson est de l'histoire ancienne vont être surpris. La marque américaine dont la signature est un bicylindre en "V", mélodieux pour les uns, bruyant pour d'autres, s'engage sur une nouvelle route. Après les motos électriques, Harley propose des bicyclettes électriques.

Nous avons testé modèle Mosh-CTY, disponible depuis seulement quelques jours. Si ce nom peut faire sourire les francophones, ils garderont le sourire en l'enfourchant. Le design n'est pas celui qu'on aurait imaginé. Mi-sportif, mi-citadin, il est loin des lignes des motos américaines. Par contre, il est réalisé dans la plus pure tradition d'Harley Davidson qui a établi le cahier des charges à Serial 1, sa filiale, pour le produire.

Mosh Serial 1 Harley Davidson
Mosh Serial 1 Harley Davidson © BFM Business

La société de Milwaukee est d'ailleurs bien identifiée avec, à l'avant, le fameux "1" qui l'incarne depuis des décennies, et son nom apposé discrètement sur le cadre. Cadre mixte en aluminium (proposé en quatre tailles de S à XL), design sportif, peinture noire mat et des soudures réalisées dans les règles de l'art. Pour la transmission pas de chaîne à graisser et à nettoyer, mais une courroie en carbone comme sur une Harley. Il n'y a donc pas de vitesses comme sur les vélos équipés de courroie.

La position du pilote est confortable. Et malgré un poids de 22 kg, le centre de gravité est si bas grâce au moteur et à la batterie placés au niveau du pédalier, qu'il se conduit comme un vélo d'enfant. Même s'il s'agit d'éviter une voiture qui débouche sans prévenir -ce qui nous est arrivé pendant le test- l'évitement se fait naturellement sans aucun déséquilibre.

Une Harley avec moteur allemand

En clair, c'est une Harley à un détail près. Le moteur (250W, 90 Nm) et la batterie (529 Wh), ne sont pas américains, mais allemands. Ils ont fourni par Brose, un équipementier automobile allemand qui, un peu comme le français Valeo, s'est lancé dans les VAE. Il équipe déjà une trentaine de fabricants de cycles.

Mosh Serial 1 Harley Davidson
Mosh Serial 1 Harley Davidson © BFM Business

Ce moteur ne rugit pas, mais il bondit tel un cobra. Dès l'allumage, le vélo part au quart de tour au premier coup de pédale avec le mode éco pour atteindre en quelques secondes les 25 km/h. Les trois autres modes permettent d'aller plus vite et de grimper les cotes sans trop de difficultés. Et si les anciennes Harley ne sont pas vraiment réputées pour leur freinage, les freins hydrauliques Tektro à deux pistons avec disques avant et arrière assurent un freinage rassurant et efficace.

Présenté comme un vélo urbain, le Mosh-CTY est aussi un routier. Il offre une autonomie de 55 à 165 km, en fonction de la conduite, de la route et du poids du cycliste. De quoi ne pas se préoccuper de recharger la batterie tous les jours. Il ne faut que deux heures et demie pour la recharger à 75% si elle est vide. Détail important, elle est amovible et sécurisée par une serrure Abus.

Peut (encore) mieux faire

Ce vélo a-t-il tout pour plaire? Pas tout à fait. Vendu autour de 3550 euros, son équipement est frugal. A l'avant un feu LED efficace et à l'arrière, dans le cadre, deux feux de position. Des catadioptres ont été ajoutés. Il dispose aussi d'une béquille réglable pour s'adapter aux nivellements des trottoirs. Mais c'est tout.

Le Mosh n'a ni garde-boue, et encore moins de porte bagage quand des vélos vendus bien moins cher en disposent. Loin d'être superflus, ces équipements sont plus que nécessaires pour un usage urbain. Ils équipent pourtant la gamme supérieure, Rush, dont les tarifs vont de 5000 à 5600 dollars.

Mosh Serial 1 Harley Davidson
Mosh Serial 1 Harley Davidson © BFM Business

Mais ce qui nous a peut-être le plus manqué est un écran qui afficherait les vitesses, les modes, le niveau de batterie. Pas non plus d'appli, comme sur les dernières motos du constructeur.

Pour changer de mode ou allumer le feu avant, un simple commodo à gauche sur le guidon. Les diodes (blanches pour les modes et bleus pour le niveau de batterie) sont petites et sont peu visibles en plein soleil. Quelques petites retouches devront être faites pour séduire un large public, mais est-ce vraiment le souhait d'Harley Davidson? Pas sûr.

Mosh Serial 1 Harley Davidson
Mosh Serial 1 Harley Davidson © BFM Business

Malgré ces détails, le vélo Harley a fait son effet. Lors de notre test, dans Paris, plusieurs passants ont été interpelé par le design et ont reconnu d'un coup d'œil le logo lumineux installé à l'avant. Plusieurs se sont arrêtés pour en savoir plus sur le vélo et même le photographier. Parmi eux, Kad Merad, rencontré par hasard dans Paris semblait surpris et a posé la question : "C'est vraiment une Harley?". Oui!

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco