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De plus en plus de bouchons en région parisienne

Des embouteillages en novembre dernier, porte de la Muette à Paris.

Des embouteillages en novembre dernier, porte de la Muette à Paris. - Philippe LOPEZ / AFP

Selon des informations exclusives du JDD, basée sur une étude des trajets de 1,4 million d’automobilistes, les conditions de circulation se sont dégradées en Ile-de-France, et à Paris l’année dernière.

"En 2017, la situation s’est dégradée au-delà de ce que nous pouvions attendre", résume Philippe Goudal. Le directeur de l’innovation chez MediaMobile V-Traffic n’y va pas par quatre chemins pour décrire les embouteillages de plus en plus importants que subissent les Franciliens.

Le jeudi, jour le plus bouché de la semaine

Ce constat se base sur les chiffres collectés par V-Traffic, grâce à 1,4 million d’automobilistes utilisateurs de cette application gratuite d’information routière, chiffres que s’est procuré Le Journal Du Dimanche. 836 kilomètres de voie ont été étudiés, parmi eux de grands axes comme l’A6. Sur cette autoroute qui permet de rallier Rungis et son marché de gros, l’aéroport d’Orly et différentes plateformes de fret, aux heures de pointes, un trajet d’une demie-heure peut prendre 62 minutes à un automobiliste. Soit plus du double de temps de trajet normal. 

L’étude recense également des cas concrets, comme celui de Clément. Il prend chaque jour de semaine l’A6 d’Evry (Essonne) pour travailler dans le 14e arrondissement de Paris. En une année, il perd ainsi 16 jours dans les embouteillages… Sans surprise, l’étude pointe une forte saturation des axes dans le sens banlieue-Paris le matin, et dans le sens Paris-banlieue le soir.

L’étude pointe les jours les plus embouteillés. Le jeudi reste la journée la plus chargée de la semaine sur les principaux axes franciliens. A noter la forte dégradation du trafic le mardi matin. Sans surprise, le vendredi après-midi, avec les départs en week-end, fait aussi partie des pires moments pour circuler en région parisienne.

Aménagement du territoire et évènements exceptionnels

Les causes de cette dégradation du trafic s’avèrent multiples. Tout d’abord, l’aménagement du territoire en région parisienne, avec des emplois plutôt localisés dans l’Ouest et à Paris, et des logements plutôt situés dans l’Est et au Sud de la capitale, est une cause de fond.

Les chantiers, mais aussi le report du trafic international des poids lourds sur le périphérique, contribuent également à aggraver les conditions de circulation en Ile-de-France.

Certains évènements météorologiques ou exceptionnels ont aussi pesé sur les conditions de circulation en 2017. Par exemple, le 12 décembre, l’une des pires journées pour les bouchons l’an dernier, 552 kilomètres de bouchons ont été atteints suite à une grève sur les RER A et B, ainsi qu’à des restrictions de circulation du au sommet Climat à Boulogne-Billancourt. Les inondations ou les épisodes neigeux de l’hiver dernier ont aussi pesé sur ces chiffres. Selon une étude publiée en février dernier par l’INRIX, Paris était la 9e ville la plus embouteillée dans le monde.

Pauline Ducamp