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Comment Valérie Pécresse veut diminuer les bouchons en Ile-de-France

La présidente de la région Ile-de-France a détaillé dans le JDD son plan anti-bouchons. Avec une enveloppe de 250 millions d’euros consacrés à des investissements routiers ou au développement du covoiturage, elle espère réduire les embouteillages dans la région.

Bête noir des automobilistes, les bouchons font partie du quotidien des Franciliens. Alors qu'une récente étude révélait qu'en moyenne, les automobilistes passent 154 heures par an dans les embouteillages à Paris, Valérie Pécresse entend s'attaquer au problème. Dans un plan qu'elle présentera ce jeudi au Conseil régional, la présidente de la région Ile-de-France prévoit une enveloppe de 250 millions d'euros sur cinq ans pour décongestionner les routes franciliennes.

>Des projets de nouvelles routes

Pour parvenir à son objectif, la présidente de la région Ile-de-France mise sur des investissements routiers. Dans le JDD, elle explique vouloir mettre en place 25 chantiers qui comprendront la création de nouvelles routes, de contournements ou tronçons pour désemplir certains axes. Dans l'Essonne, le plan prévoit par exemple un contournement d'Orly par le sud ou encore une liaison Meaux-Roissy en Seine-et-Marne. Certains chantiers s'attaqueront aussi à l'élargissement de chaussées ou au réaménagement des carrefours. Tous ces travaux seraient réalisés à l'horizon 2020.

>Promouvoir l'auto-partage

Autre axe du plan de Valérie Pécresse, le développement du covoiturage et de l'auto-partage. "Avec 1,7 personne par véhicule contre 1,1 actuellement, on supprime les bouchons en Ile-de-France et une grosse partie de la pollution automobile", affirme-t-elle. La présidente de la Région un budget de 58,2 millions d'euros pour ce pôle afin de financer des projets et des expérimentations autour du covoiturage. Des files de covoiturage pourraient ainsi voir le jour sur les routes franciliennes. Tout comme des parkings-relais qui permettraient une meilleure intermodalité, c'est-à-dire la possibilité d'utiliser plusieurs moyens de transports pour un seul trajet. 

>De nouveaux centres de gestion du trafic 

Valérie Pécresse veut également pouvoir créer trois centres de gestion du trafic "nouvelle génération". Créés dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, ils permettraient selon la présidente de région "de mieux réguler les flux, mieux régler les feux tricolores (...) améliorer la remontée d'informations en temps réel avec de meilleurs capteurs et l'installation de la fibre optique". Actuellement trois sites se partagent la gestion des feux de signalisation et la télésurveillance du trafic. 

paris et ile-de-france: deux visions qui s'opposent

Le plan de Valérie Pécresse va à contre-courant de la politique de la mairie de Paris qui veut au contraire progressivement diminuer les axes réservés aux voitures, avec pour objectif la lutte contre la pollution. En fermant les voies sur berge par exemple, la Ville table sur une baisse de la circulation grâce au phénomène de l'évaporation du trafic. Un principe selon lequel lorsque le réseau routier est diminué, à terme, les automobilistes changent leurs habitudes jusqu'à ne plus emprunter la voiture.

Mais pour Valérie Pécresse "ce n'est pas la route qui pollue, mais les embouteillages". En diminuant les bouchons grâce à des investissements routiers, la présidente de la région Ile-de-France espère voir le trafic se fluidifier et du même coup la pollution diminuer.

Mais pour certains experts, ce choix pourrait avoir l'effet inverse. "Les gens vont avoir une offre qui va être améliorée. Automatiquement vous aurez plus de gens qui vont essayer d'emprunter cet axe par la voiture, parce qu'il va être plus performant", estime Guillaume de Tilière du Laboratoire ville mobilité transport. Selon lui ces investissements doivent être couplés à une amélioration des transports en commun pour avoir une chance de fonctionner.

Carole Blanchard avec Jeanne Daudet et Maïmouna Barry