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Ce tunnel numérique peut détecter le moindre défaut sur une voiture

La start-up lyonnaise Proovstation présentait au CES de Las Vegas son tunnel de contrôle de l'état d'un véhicule qui vise à simplifier cette étape en agence de location ou pour le contrôle qualité en usine.

Détecter en 3 secondes rayures et bosses sur un véhicule, c’est ce que promet Proovstation. Cette start-up lyonnaise commercialise actuellement un tunnel de contrôle doté d’une intelligence artificielle qui doit remplacer aussi bien les contrôles qualité à la sortie des usines automobiles que les vérifications lors de la remise d’une voiture après une location.

Eviter l'erreur humaine

Le but: accélérer le contrôle de l’état d’un véhicule, un processus souvent long et fastidieux et éviter l’erreur humaine. Et donc la mauvaise surprise à la découverte d’une voiture neuve avec un défaut qualité ou d’une facture pour une rayure qui n’avait pas été recensée sur sa voiture de location.

"Nous voulons apporter de la transparence dans un milieu opaque, nous explique au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas (Etats-Unis) le 8 janvier Cédric Bernard, le fondateur. Petit à petit, nous voulons standardiser l’inspection des véhicules sur le marché, et remplacer l’inspection visuelle aujourd’hui réalisée par un humain."

La station fonctionne grâce à un algorithme qui localise et qualifie les dégâts. Chaque dégât (une rayure, une bosse, un cache-boulon manquant) dispose en effet d’une signature numérique, renseignée dans une gigantesque base de données. Si la station détecte un défaut qu’elle ne sait pas qualifier, Proovstation se tourne alors vers l’utilisateur de sa station pour le déterminer. Et enrichir la base de données de toutes les stations.

"Les clients peuvent ainsi rentrer certains dégâts, poursuit Cédric Bernard. Notre équipe dédiée à l’intelligence artificielle entraîne aussi les algorithmes dans la détection des défauts. Notre système est auto-apprenant."

A la conquête du grand public

La start-up vient de signer son premier gros contrat début janvier avec l'entreprise britannique BCA. Cette société revend et reconditionne chaque année près de 4 millions de véhicules dans toute l’Europe.

"Aujourd’hui, une personne réalise une inspection d’une quinzaine de minutes, avec des éléments à cocher via une tablette, et forcément au bout d’une centaine de véhicules, il peut être moins précis, résume Nicolas Fenêtre, directeur business développement de BCA en Europe. Notre but est d’avoir l’information la plus fiable en un minimum de temps".

Chaque station coûte en location entre 4000 et 6000 euros par mois. Elle ne donne cependant pas une expertise comme d’un expert mandaté par un assureur. Proovstation négocie actuellement pour implanter sa station auprès des loueurs dans plusieurs aéroports français, et offrir ainsi un service auprès du grand public.

Pauline Ducamp, à Las Vegas