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Après Paris, Grenoble s'attaque aux vieilles voitures

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Après les restrictions de circulation visant les véhicules particuliers à Paris depuis le 1er juillet, c’est au tour de Grenoble de prendre des mesures pour lutter contre la pollution. Si la capitale iséroise utilise aussi les pastilles Crit’Air pour signaler les voitures les plus polluantes, les mesures prennent en compte tous les modes de transports pour lutter contre la pollution.

Depuis ce mardi 1er novembre, Grenoble est devenue la première ville de France à mettre en place le système de certificats de qualité de l’air Crit’Air. L’agglomération de 49 communes prévoit ainsi de restreindre la circulation en cas de pics de pollution en utilisant le système de vignettes introduit par le ministère de l’Environnement en juin dernier. Grenoble devance donc Paris, où l'identification des véhicules ne sera officiellement obligatoire que le 1er janvier.

Grenoble, première ville française avec une politique globale anti-pollution

Comme l'explique sur son site la Mairie de Grenoble, ce nouveau dispositif prévoit trois réponses graduées en cas de pics de pollution. Dès le deuxième jour du pic, la vitesse sera réduite de 20 km/h. Si un certain seuil est dépassé où en cas de persistance du pic de pollution pendant 5 jours, "seuls les véhicules munis d'une vignette Crit'Air auront le droit de circuler sur les 49 communes du territoire métropolitain". Cette vignette doit être demandée par chaque automobiliste sur le site certificat-air.gouv, pour un tarif de 4,18 euros.

En parallèle, la commune mettra en place des tarifs spéciaux pour favoriser l'usage des transports en commun, des parkings relais ou des vélos en libre-service. Enfin, à partir du 7e jour du pic des pollution, les véhicules équipés d'une vignette Crit'Air 4 et 5 seront privés de circulation (les diesel d'avant 2005) et une partie des transports en commun et des vélos en libre-service seront gratuits.

Au 7e jour de pic, un quart des véhicules interdit de circuler 

"Ce dispositif va permettre une gestion plus fine des pics de pollution", s'était félicité le préfet de l'Isère Lionel Beffre, au cours d'une conférence de presse annonçant le dispositif, en opposant ce système à la "démarche binaire" de la circulation alternée. Pour la première restriction de circulation, seuls les véhicules immatriculés avant 1997 seront théoriquement concernés (tous les autres véhicules peuvent faire la demande d'un certificat Crit'Air). 

Cette restriction de circulation concerne environ 8% des véhicules et devrait intervenir 3 à 4 jours par an en moyenne, indique la municipalité. Les propriétaires de diesel immatriculés avant 2005, porteurs d'une vignette 4 ou 5, interdits de circuler à partir du 7e jour du pic de pollution, représenteraient 26% des véhicules immatriculés circulant dans l'agglomération. Avec ce dispositif, la commune s'attend à une réduction de la pollution aux particules fines de 8% les cinquième et sixième jours et de 37% les jours suivants.

Une problématique de santé publique

La verbalisation en période de pic de pollution n'interviendra qu'à partir du 1er janvier 2017. Une amende de 22 à 35 euros pourra être infligée aux automobilistes en infraction. Ces derniers seront prévenus à partir de 15h la veille pour pouvoir anticiper à modifier leurs habitudes de déplacement

"Il y a un mort tous les trois jours lié à la pollution de l'air sur notre territoire", avait souligné en octobre le maire Europe Ecologie Les Verts (EELV) de Grenoble, Éric Piolle. Contrairement aux idées reçues, la pollution à Grenoble n'est toutefois pas plus élevée que dans les villes de taille similaire. La "cuvette" grenobloise est touchée par des pics de pollution peu intenses mais plus longs. En 2015, il y eut ainsi 42 jours d'activation du dispositif préfectoral pour pollution de l'air à Lyon contre seulement 15 jours à Grenoble, selon Air Rhône-Alpes.

Paris à la traîne, d'autres villes préparent leur dispositif

Si la mairie de Paris ne cesse de se féliciter de la fermeture des voies sur berge rive droite, mesure plus récréative qu'environnementale qui a en réalité pour le moment surtout aggravé la situation dans la capitale en termes de circulation, Grenoble est donc bien la première ville de France à mettre en place une véritable politique des transports face aux pics de pollution. 

Paris a en effet opté pour une interdiction permanente touchant les véhicules particuliers immatriculés avant 1997. Depuis le 1er juillet, ces derniers ne peuvent plus circuler dans la capitale en semaine de 8h à 20h. Les vignettes Crit'Air seront bien obligatoires à partir du 1er janvier 2017, indique le site de la ville de Paris, avec l'obligation de l'apposer sur son pare-brise mais rien n'est précisé sur les restrictions en cas de pics de pollution ou d'éventuels tarifs adaptés dans les transports.

D'autres villes de France devraient prendre à court terme des mesures visant à restreindre l'accès à leur centre-ville et la circulation automobile en général. A Strasbourg et Bordeaux, des consultations sont notamment en cours.

Julien Bonnet, avec AFP