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Colmar: bientôt de l'alsacien à l'école maternelle?

Faire classe en alsacien dès la maternelle. La mairie de Colmar voudrait expérimenter le projet d'ici la rentrée 2023. Le but, préserver l'héritage culturel de la langue régionale, à condition de trouver des enseignants qualifiés.

Sur le même modèle de ce qu'il se fait en Bretagne ou dans le Sud-Ouest, le maire de Colmar (Haut-Rhin) aimerait l'enseignement de l'alsacien dans les écoles maternelles de la ville à la rentrée 2023, en lien avec l'Éducation nationale.

Éric Straumann met en avant plusieurs effets bénéfiques à cette expérimentation. Tout d'abord, les professionnels recommandent l'apprentissage d'une langue dès le plus jeune âge.

"À trois, quatre et cinq ans, l’oreille est sensible aux différences de prononciation. C’est aussi à cet âge que se fixe la façon de prononcer et d’articuler, et que les enfants ont le plus de facilité à reproduire des sons nouveaux. Au cours de cette période, les références culturelles, lexicales et phonologiques, qui serviront d’appui à l’apprentissage d'une langue vivante, se déterminent naturellement", détaille le ministère sur son site internet.

Deux expérimentations en Alsace

"À l'école maternelle, le public d'enfant est très réceptif à ce nouveau langage", assure le maire au micro de BFM Alsace.

L'élu indique que l'Education nationale se dit "prête à expérimenter une école maternelle immersive en alsacien, ici à Colmar". Une deuxième expérimentation devrait avoir lieu en Bas-Rhin.

Le deuxième avantage de ce projet c'est de permettre de protéger l'héritage culturel de la région.

Le difficile recrutement des enseignants

Une idée qui devrait se concrétiser si des instituteurs spécialisés sont recrutés d'ici-là. "On le sait aujourd'hui, les conditions d'attractivités du métier ne sont pas suffisantes pour trouver des enseignants en langue alsacienne", estime Éric Straumann.

"Mais je sais que beaucoup d'enseignants sont intéressés pour transmettre ce patrimoine régional", complète l'élu.

De leur côté, les Colmariens, attachés à leur territoire, sont favorables à cette expérimentation, "pour conserver les coutumes de cette si belle région", explique une riveraine. "Ce serait une très bonne chose", juge un autre habitant. Selon lui, apprendre l'alsacien permettrait également de faire la transition vers l'allemand.

Alicia Foricher