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À Strasbourg, le REME, premier RER hors Île-de-France, entre en circulation

La gare SNCF de Strasbourg.

La gare SNCF de Strasbourg. - BFM Alsace

Le Réseau express métropolitain européen entre officiellement en circulation ce dimanche à Strasbourg et aux alentours.

Les trains du "Réseau express métropolitain européen" (Reme) commencent à circuler dimanche à Strasbourg, qui inaugure ainsi le premier RER hors île-de-France, salué par les élus mais critiqué par les cheminots pour les retards dans l'arrivée des moyens matériels et humains.

800 trains supplémentaires

La région Grand Est et l'Eurométropole de Strasbourg concrétisent leur projet initié en 2018: un "choc d'offre" avec 800 trains supplémentaires par semaine dans un premier temps, et plus de 1000 trains supplémentaires à partir de l'été 2023, soit une augmentation de 43% de l'offre de transport sur le réseau reliant 95 gares.

Avec 670 arrêts par jour, Strasbourg devient "la plus grande gare TER" de France, assurent les collectivités. L'amplitude horaire est élargie, de 5h à 23h, avec des trains toutes les 15 minutes aux heures de pointe dans 13 gares de l'agglomération. Une nouveauté, la "diamétralisation", offre la possibilité de relier deux villes de la métropole sans correspondance à Strasbourg.

Encourager la "multimodalité"

Le projet a nécessité "700 millions d'euros" d'investissements selon Jean Rottner, le président (LR) du Conseil régional. Le Reme devrait encore mobiliser 600 millions euros "dans les cinq ans qui viennent", notamment pour développer de nouvelles dessertes vers l'Allemagne.

Les coûts de fonctionnement, recettes déduites, sont estimés à 14,5 millions d'euros par an, répartis à égalité entre la région et l'Eurométropole.

Le Reme s'appuie sur la "multimodalité" pour faciliter les connexions des voyageurs avec d'autres modes de transports, notamment de nouveaux "cars express" avec des voies dédiées, mais aussi les tramways strasbourgeois, les bus, ou les parkings à vélo.

Cette nouvelle offre de transport inquiète cependant les syndicats de la SNCF, qui pointent les retards dans la livraison des trains et le recrutement du personnel.

"Nous n'arrivions déjà pas à assurer le plan de transport 2022 sans le Reme, on l'a respecté à l'optimum seulement 15 jours sur l'année. Alors 130 trains supplémentaires quotidiens, à effectifs constants ou presque, on n'y arrivera pas", déplore Alexandre Welsch, délégué Sud Rail.

"Les nouveaux conducteurs sont en formation. Il aurait sans doute fallu reporter de 6 mois ou 8 mois, pour qu'on ait tout l'effectif et le matériel disponibles", ajoute-t-il.

A.T. avec AFP