BFM Tech

Votée à l'Assemblée nationale, l'application StopCovid sera disponible le 2 juin

Cédric O, le Secrétaire d'Etat au Numérique.

Cédric O, le Secrétaire d'Etat au Numérique. - Ludovic Marin / AFP

L’Assemblée nationale s'est prononcée ce mercredi sur StopCovid, le projet controversé d’application de suivi de contacts, qui repose sur le Bluetooth des smartphones pour identifier des expositions au Covid-19.

Elle aura été qualifiée d'inefficace, de liberticide ou comparée à des dispositifs de surveillance à la chinoise. L'application StopCovid, controversée depuis l'annonce de son déploiement, le 8 avril, a passé le cap du vote à l'Assemblée. Ce 27 mai, les députés ont voté en faveur de son lancement qui devrait intervenir mardi prochain - avec 338 voix pour et 215 voix contre.

"StopCovid n'est pas un projet de temps de paix", a rappelé le Secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, devant l'Assemblée. L'application vient en effet répondre à l'épidémie de Covid-19. Pour rappel, elle s'en remettra au Bluetooth des smartphones - sans géolocalisation - pour évaluer les risques de contamination, en cas de passage à proximité d'une personne porteuse du Covid-19. Pour Cédric O, l'initiative revient à "tout faire pour que l'épidémie ne reparte pas, pour limiter le nombre de contaminations" et, surtout, "pour éviter un reconfinement". 

Plusieurs reproches lui étaient adressés, et le seront toujours après son lancement: la crainte qu'elle soit insuffisamment efficace, en étant trop peu téléchargée; le fait qu'elle puisse aller à l'encontre de la vie privée de ses utilisateurs, en trahissant leur rencontres privées ou en dévoilant des données à leur sujet; ou encore, la difficulté qu'auraient des individus pourtant vulnérables au Covid-19, dont les personnes âgées, à l'utiliser correctement.

Une efficacité scrutée à la loupe

Le décret légalisant l’application est presque finalisé. Il a fait, mardi 26 mai, l’objet d’un avis essentiellement positif de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Une campagne de communication, pour inciter les Français à la télécharger est d'ores et déjà attendue. L'application, gratuite, devra néanmoins être téléchargée sur la seule base du volontariat. La piste, émise par un député LREM, d'associer des récompenses à son téléchargement a très rapidement été écartée

Plusieurs défis attendent encore l'application. D'ici le début du mois de juin, ses développeurs devront finaliser la mise en place d'une infrastructure informatique à même de supporter des milliers, voire des millions de connexions. Comme le souligne Acteurs Publics, StopCovid sera par ailleurs soumise à une obligation de résultats, une fois déployée sur le terrain. Un comité spécifique a été créé en ce sens pour y veiller.

Un aspect du fonctionnement de l'application fera l'objet d'une vigilance particulière: les discussions lancées avec Apple n'ayant pas abouti, son fonctionnement sur iPhone pourrait s'avérer limité... et nécessiter de laisser l'application ouverte au premier plan, pour être efficace. Ses développeurs planchent également sur son interopérabilité avec d'autres applications de traçage numérique européennes, pour qu'elle reste efficace même en cas de déplacements à l'étranger.

Enfin, le dispositif couplé à StopCovid, pour les personnes vulnérables, devra lui aussi faire ses preuves. Il s'agira d'une montre connectée, conçue avec l'entreprise française Withings, et dont le prix devrait avoisiner les "40 à 50 euros", de l'aveu-même de Cédric O. Prochaine étape pour StopCovid le mardi 2 juin, pour sa mise à disposition sur iPhone et Android.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech