BFM Business

Voici les principales escroqueries en ligne dont vous devez vous méfier

Les plus importantes escroqueries en ligne ont causé plus d'un milliard d'euros de dommages en 2018.

Les plus importantes escroqueries en ligne ont causé plus d'un milliard d'euros de dommages en 2018. - alamy images

Les tentatives d'infractions numériques n'épargnent plus personne en ligne. Le rapport annuel du ministère de l'Intérieur dresse un état des lieux des escroqueries les plus populaires.

La délinquance numérique a de beaux jours devant elle. Se frayer un chemin sur Internet entre les diverses tentatives d'escroquerie relève aujourd'hui du parcours du combattant. Dans un rapport publié ce 9 juillet sur l'état de la menace liée au numérique, le ministère de l'Intérieur revient sur les escroqueries les plus dévastatrices. 

Nul besoin de techniques complexes pour sévir. Les escrocs optent pour des attaques bien rodées, d'un niveau technique médiocre mais d'une efficacité redoutable. Elles sont en effet menées à grande échelle pour ferrer le plus de gros poissons possible. Et l'addition est salée. Le ministère de l’Intérieur estime que le préjudice total des escroqueries en ligne, visant à la fois particuliers et entreprises, a été de plus d’un milliard d’euros en 2018. 

Trois principales escroqueries

Beauvau attribue ces dégâts à "trois principaux types d’escroqueries massives". En tête de liste, figurent les arnaques au faux support informatique. Ces dernières font apparaître sur les ordinateurs ou smartphones ciblés un message d’erreur à caractère urgent. Ce dernier invite à appeler un pseudo support technique pour réparer son appareil. Avant de réclamer à ceux qui tombent dans le piège une certaine somme - bien souvent équivalente à 300 euros.

"Saisi par la section cyber du parquet F1 de Paris, le C3N (le centre de lutte contre les criminalités numériques qui dépend de la gendarmerie, ndlr) a recensé, en mars 2018, près de 8.000 internautes victimes d’escroqueries aux "faux supports techniques" pour un préjudice total évalué à près de deux millions d’euros. Les investigations ont permis d’identifier la manière d’opérer de cette organisation criminelle, laquelle utilisait des call-centers implantés en Tunisie", souligne le rapport.

Le ministère de l'Intérieur pointe également du doigt les arnaques aux cryptomonnaies, qui attirent les internautes par de juteuses promesses d'investissement dans ces devises numériques, avant de leur dérober leur argent. En octobre dernier, déjà, l'AMF s'inquiétait de la recrudescence de ces arnaques. Elle estimait que plus de 31 millions d'euros avaient ainsi été dérobés à 700 épargnants français depuis le début de l'année. Le rapport rappelle la mise en examen de quatre individus en janvier, dont trois ont depuis été écroués pour escroquerie en bande organisée. Par le biais de faux investissements en cryptomonnaies, ils seraient parvenus à détourner cinq millions d'euros. "De nombreuses victimes restent en effet sensibles à une promesse de gain rapide, au rythme de l’évolution des cours des taux de change des monnaies virtuelles", note le rapport du ministère de l'Intérieur. 

L'appât du gain

Les arnaques aux marchés "Forex", également listées comme les plus récurrentes par le ministère de l'Intérieur, suivent un procédé comparable à celui des escroqueries aux cryptomonnaies. Il s'agit pour les escrocs de proposer à leurs cibles des investissements en devises réelles cette fois-ci, mais toujours sur des plateformes frauduleuses. L'argent investi disparaît bien souvent intégralement dans la nature. Le ministère de l'Intérieur rappelle qu'après avoir connu une forte progression entre 2010 et 2015, ces arnaques se sont faites plus discrètes pour mieux réapparaître de fin 2017 à l'été 2018. Le montant du préjudice s’élèverait à plusieurs centaines de millions d’euros.

Ces trois grands types d'escroqueries en ligne côtoient des arnaques tout aussi efficaces. Ainsi de "l'escroquerie à la fausse amitié" ou "scam romance", qui enjoint des victimes à envoyer de l'argent à des inconnus sous prétexte d'une bonne entente ou d'une aide urgente à apporter. L’unité spécialisée en cybercriminalité de la police nationale a ainsi arrêté, en avril 2018, six individus s’adonnant à cette pratique. Tous appartenaient à une équipe de malfaiteurs africains spécialisée dans les escroqueries sur internet, pour une opération orchestrée depuis la Côte d'Ivoire. Plus de trois millions d'euros ont en tout été extorqués par ce groupe. 

Le Ministère de l'Intérieur note par ailleurs la persistance des fraudes à la carte bancaire. La plateforme Perceval, lancée en juin 2018 pour recueillir les signalements d'utilisations illégales de sa carte bancaire, reçoit aujourd'hui près de 450 alertes par jour, pour un montant moyen de 480 euros. En tout et pour tout, le montant total des signalements a dépassé le cap des 55 millions d'euros.

Une plateforme de signalement en préparation

La petite dernière des arnaques en ligne a trait à un texte entré en application le 25 mai 2018, le RGPD, destiné à mieux protéger les données personnelles des internautes. Elle se destine cette fois-ci aux petites entreprises ou simples créateurs de sites Web. Ces derniers sont invités à se mettre en conformité avec le RGPD, grâce à quelques conseils payants. Les préjudices constatés varient entre 500 euros et 1.500 euros par escroquerie. 

Enfin, Beauvau s'enquiert des extorsions de fonds avec menaces, qui surviennent après une prise de contact en ligne. Le hameçonnage s'opère en premier lieu via les sites de rencontres, puis directement sur les réseaux sociaux, dont Facebook. Les responsables font peser des menaces sur les proches de la victime, dont ils récupèrent la liste sur les plateformes en ligne, avec un taux de réussite élevé: une victime sur trois cède au chantage et paie une somme d’argent allant jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros, avec une somme moyenne de 1.100 euros, contre 600 euros en 2017.

Autre mode de chantage privilégié: la "sextorsion", ou le fait de faire miroiter la publication d'une vidéo pornographique de la victime, si une rançon n'est pas versée. Une vaste campagne de chantage à la webcam a touché les internautes français en début d'année. A terme, l'ensemble de ces infractions numériques pourront être signalées sur une plateforme encore en développement. Le "projet Thésée" devrait voir le jour ces prochains mois. 

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech