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Sur Instagram, les influenceurs influencent de moins en moins

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Les moins touchés par la baisse du taux d'engagement sont les "nano-influenceurs", des petits comptes avec moins de 5.000 abonnés.

Peut-on encore devenir influenceur sur Instagram sans mettre la main à la poche? Rien n’est moins sûr. Une étude d’InfluencerDB publiée il y a quelques jours révèle que la popularité des contenus Instagram est en chute libre. Pour en arriver à cette conclusion, le cabinet d’analyse a pris en compte le taux d’engagement des publications. C’est-à-dire le ratio entre le nombre d'interactions ("j’aime" et commentaires) et le nombre d’abonnés. Ainsi, si un compte a peu de followers mais que ses contenus génèrent beaucoup de réactions, son taux d’engagement sera élevé et l’utilisateur sera considéré comme influent auprès de sa communauté de fans.

Les "nano-influenceurs" favorisés 

L’étude d’InfluencerDB montre justement que ce sont les "nano-influenceurs" - avec 1.000 à 5.000 abonnés - qui possèdent le taux d’engagement le plus élevé, à 8,8%. Alors que celui des comptes avec au moins 10.000 abonnés stagne à 3,6% dans le monde. Un problème pour les stars du réseau social car les marques pourraient à terme préférer travailler avec plusieurs petits profils que de miser sur un seul cheval.

Globalement, toute la communauté Instagram souffre d’une baisse de popularité. Aucune catégorie d’influenceurs (mode, beauté, humour…) n’est épargnée. Et les spécialistes du voyage, qui possèdent pourtant les taux d’engagement les plus élevés, sont les plus impactés avec une chute de 3,5%.

Pour y remédier, certains ont recours aux publications sponsorisées. Une fonction proposée par Instagram qui consiste à payer pour mettre en avant son contenu sur l'application d’autres utilisateurs, y compris ceux qui ne sont pas abonnés à l'auteur de la publicité. Une méthode efficace pour séduire de nouveaux fans. D'autant plus que comme sur Facebook, propriétaire d’Instagram depuis 2012, il est possible de cibler des certains profils en fonction de leur position géographique, de leur âge ou encore de leurs centres d’intérêt.

Mais à l'avenir, il sera peut-être difficile de s’en passer. Car même si le taux d’engagement de ces publications sponsorisées est également en baisse, elles restent beaucoup plus avantageuses que les classiques. Comparé aux trois années précédentes, l’engagement des contenus sponsorisés a chuté de 4% à 2,4%, au premier trimestre 2019. Et celui des publications gratuites, de 4,5% à 1,9%. Sur ce point, InfluencerDB hasarde en expliquant que la popularité des contenus sponsorisés vient du fait qu'ils sont plus originaux et soignés que les autres. Sans bien sûr nier que le réseau social, qui compte plus d'un milliard d'utilisateurs, favorise les publications payantes.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech