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Netflix, YouTube: le streaming vidéo, nouveau gouffre énergétique?

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D'après le think tank "The Shift Project", le streaming vidéo génère 1% des émissions de gaz à effet de serre. L'organisation appelle à une plus grande "sobriété numérique".

Après la peur de prendre l'avion, l'angoisse de regarder des séries et vidéos en ligne? D'après une étude du think tank "The Shift Project" publiée en juillet, et reprise ce 28 octobre par l'AFP, le streaming vidéo aurait une empreinte écologique non négligeable. Il serait à lui seul responsable de près de 1% des émissions de gaz à effet de serre, soit l'équivalent des émissions de CO2 de l'Espagne.

Le streaming vidéo est en effet extrêmement gourmand en bande passante. D'après le dernier rapport de la société canadienne Sandvine, spécialiste des équipements numériques, le visionnage de vidéos en ligne représenterait 60,6% du trafic global sur Internet. Cette proportion était de 58% l'an passé, selon la même société. Regarder des vidéos sur Internet représente ainsi une empreinte écologique plus importante que la navigation sur le Web et le jeu en ligne. 

La vidéo à la demande en première ligne

Dans le lot, certains services en ligne se montrent particulièrement voraces. Cette année, YouTube a détrôné Netflix dans le classement des services les plus consommateurs de bande passante au monde. Le service de Google en occupe 12%, contre 11,35% l'an passé. Alors que Netflix représentait 15% de la bande passante mondiale en 2018, cette proportion est cette année tombée à 11,44%.

Si la diffusion numérique semble dématérialisée, elle est loin d'être immatérielle: terminaux, réseaux de stockage et de diffusion, tous consomment de l'énergie. D'après The Shift Project, la vidéo à la demande se hisse en première place des sous-catégories de streaming vidéo les plus polluantes, avec 34% des émissions en CO2. Viennent ensuite les vidéos pornographiques (27%), les "tubes" Internet (21%) et les "autres" usages (18%), qui intègrent notamment les vidéos sur les réseaux sociaux. Cet impact écologique est amené à prendre de l'ampleur pour s'adapter aux exigences actuelles: des vidéos d'une définition toujours plus haute, à visionner sans interruption.

Elsa Trujillo avec AFP