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Une étude scientifique révèle l'impact écologique des traînées blanches des avions

Traînées de condensation

Traînées de condensation - André Karwath via Wikimedia Creative Commons

Une étude scientifique allemande, citée par Le Parisien ce jeudi, détaille la nocivité pour l'environnement des traînées de condensation dessinées dans le ciel par les avions à réaction.

Les traînées blanches dessinées dans le ciel par les avions reviennent souvent sur la toile, notamment sous une forme complotiste, comme dans la théorie abracadabrante des chemtrails, par laquelle des individus chargent de toutes sortes d'intentions maléfiques ces traces aériennes. Cette fois-ci cependant, l'affaire est très sérieuse: une étude scientifique allemande, relayée ce mercredi par Le Parisien sur son site et publiée à l'origine le 27 juin dernier dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics, établit que ces traînées blanches contribuent autant à réchauffer le climat que la consommation du kérosène par l'avion. 

Cirrus homogenitus 

Ces traînées blanches, ou plutôt traînées de condensation, ou plutôt cirrus homogenitus, correspondent en fait à la condensation de la vapeur d'eau en présence des particules de suie dégagées par la combustion du kérosène. Ces sillons blanchâtres, qui s'éternisent des heures dans le ciel, retiennent dans la basse atmosphère les rayons infrarouges émis par la terre, et chauffent ainsi le climat. Et cet effet, dit "radiatif", devrait tripler d'ici 2050, le transport aérien explosant, lui, avec un bond de 419%. Le problème se posera de manière particulièrement aiguë au-dessus de l'océan Atlantique et de l'Asie du sud, où l'augmentation du trafic sera la plus sensible. 

Les effets du transport aérien, projection de CO2 et traînées blanches, participent activement au déséquilibre thermique, entre l'énergie sortant et celle entrant dans l'atmosphère. On estime ainsi que ce mode de transport représente 4 à 5% de ce phénomène. Réduire drastiquement les traînées de condensation apparaît donc comme un enjeu climatique primordial bien qu'aucune piste alternative ne s'impose clairement, notamment au vu du faible développement des nouvelles énergies. 

Robin Verner