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L'OMS reconnaît l'addiction aux jeux vidéo comme maladie mentale

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) classe désormais l'addiction aux jeux vidéo parmi les pathologies mentales. Elle concernerait 2 à 3% des joueurs. Les professionnels du secteur dénoncent un manque d'éléments probants.

Les protestations des éditeurs de jeux n’auront rien changé. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a reconnu l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie mentale. Les troubles liés au "gaming" ont été ajoutés à la classification internationale des maladies (CIM-11), où sont référencées par code différentes pathologies. Elle pourrait permettre, dans certains pays, la prise en charge des traitements pour lutter contre cette addiction. 

"Nous sommes convaincus que nous avons pris la bonne décision", a déclaré Shekhar Saxena, directeur du département de la santé mentale au sein de l’OMS, le 14 juin à Genève. "Nous pensons que l'inclusion de ce trouble dans la CIM-11 (…) permettra aux pays d’être mieux préparés à identifier ce problème et de fournir des méthodes de traitement préventif", a-t-il ajouté.

2 à 3% des joueurs seraient accros 

L’OMS définit l’addiction aux jeux vidéo par une perte de contrôle, une priorité croissante accordée au jeu par rapport à d’autres activités et par la poursuite de l’activité malgré l’apparition de conséquences négatives sur sa vie. Pour être considéré comme addict, un joueur devra présenter ces trois caractéristiques pendant au moins un an. Selon une estimation "très approximative" de l’OMS, 2 à 3% des gamers sont concernés.

Les adolescents sont très vulnérables puisque le risque de dépendance est étroitement lié à la précocité de la consommation. En France, une étude publiée le 8 juin révèle qu'un jeune français (14-24 ans) sur six passe plus de cinq heures par jour sur sa console et 7% plus de huit heures.

Grogne des professionnels du secteur 

La décision de l'OMS est controversée. En janvier, l'organisation avait fait part de sa volonté d’inscrire la dépendance aux jeux vidéo sur la liste des maladies, provoquant la grogne des professionnels du secteur. Le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL), publiait le 1er mars un communiqué commun avec d'autres acteurs mondiaux pour dénoncer le manque de transparence et de soutien scientifique objectif. La révision de la classification sera validée par l'Assemblée mondiale de la santé en mai 2019.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech