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Huawei pourrait ne plus sortir le moindre smartphone

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Après Google, c’est au tour de l’entreprise ARM de couper les ponts avec le fabricant chinois. Si la firme britannique est inconnue du grand public, elle est encore plus indispensable que le géant américain.

En privant Huawei de Google, les Américains lui ont coupé la tête. En bannissant le Chinois de la liste des partenaires d’ARM, ils lui coupent les jambes. Quelques jours après que Google a annoncé ne plus fournir son système d’exploitation Android à Huawei sur ordre du gouvernement américain, le britannique ARM se voit forcé de faire de même, comme le rapporte la BBC. En cause, la présence de technologies américaines dans ses produits, précise la chaîne anglaise.

Cette entreprise est inconnue du grand public. Mais alors que la fin des relations avec Google mettait en péril l’activité européenne de Huawei, la fin des échanges avec ARM pourrait anéantir l’ensemble de sa production de smartphones, et ce partout dans le monde.

Tous dépendants d’ARM

Il n’est pas compliqué de comprendre l’importance d’ARM dans l’univers du smartphone: la firme est à l’origine de l’architecture de tous les processeurs pour mobile dans le monde. C’est donc ARM qui dessine les bases des “moteurs” de nos smartphones. Elle noue ensuite des partenariats avec les fabricants de processeurs, qui adaptent ces composants selon leurs besoins. C’est le cas d’Apple (avec sa puce A12), de Samsung (avec ses processeurs Exynos), de Qualcomm (avec ses puces Snapdragon), et de Huawei (avec ses processeurs Kirin).

Afin de gagner en indépendance par rapport à l’Américain Qualcomm - l’un des principaux fournisseurs dans le monde, Huawei a développé ses propres processeurs, mais toujours sur la base mise au point par ARM. Une décision qui devait justement préserver sa production de smartphones en cas de conflit avec les Etats-Unis.

En imposant à ARM de couper les ponts avec Huawei, les Américains privent le fabricant chinois des technologies utilisées pour ses propres processeurs. Ils équipent tous les smartphones récemment mis sur le marché - comme le Huawei P30 Pro, et doivent équiper les prochains.

La prochaine puce n’est pas concernée

Huawei, dont les smartphones étaient déjà bannis du marché américain, risquait de se voir privé du marché européen depuis la fin de ses relations avec Google. Désormais, la firme pourrait bien voir ses lignes de production s’arrêter, y compris pour des modèles à destination de son propre marché, la Chine.

Comme le précise la BBC, cette interruption dans les relations entre ARM et Huawei concerne les processeurs sur lesquels le Chinois est en train de travailler. D’après les informations du média britannique, la puce destinée à équiper le prochain modèle haut de gamme - prévu pour cet automne - est déjà achevée, et ne sera donc pas concernée par ces restrictions.

Dans l’état actuel des choses, Huawei pourrait donc commercialiser l’appareil, mais uniquement en Chine, du fait de sa perte d’accès aux versions d’Android développées par Google. Pour les smartphones haut de gamme suivant (prévus pour le printemps 2020), la situation serait bien plus complexe. Pour survivre, Huawei devrait potentiellement développer sa propre architecture. Chose qu’aucun grand fabricant n’a osé entreprendre.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech