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Comment les services de messagerie font face à l'afflux de vœux du Nouvel An

Les Australiens sont parmi les premiers à envoyer leurs vœux de bonne année.

Les Australiens sont parmi les premiers à envoyer leurs vœux de bonne année. - PETER PARKS / AFP

L'acheminement rapide des vœux de bonne année envoyés sur Messenger ou via SMS nécessite la mobilisation des équipes de l'entreprise américaine et des opérateurs télécom.

Le 31 décembre, à l'approche de minuit, le traditionnel décompte avant la nouvelle année n'est pas vécu de la même manière partout le monde. Pour les opérateurs télécom et entreprises chargées de transmettre les messages de vœux, ces passages à la nouvelle année représentent une épreuve. Tous doivent prendre en charge sans heurt ce qui s'apparente au plus fort pic d'activité de l'année partout sur la planète. 

Pour ne pas plier sous le poids des vœux, Messenger, l'application de messagerie la plus populaire au monde, s'en remet au savoir-faire de son équipe new-yorkaise, fait savoir IEEE Spectrum, un magazine anglophone édité par l'institut des ingénieurs en électricité et électronique. Durant plusieurs heures, les 1,3 milliard d'utilisateurs de Messenger dispersés partout sur la planète envoient plus de messages qu'à tout autre moment de l'année.

L'application détenue par Facebook effectue en amont de cet événement des "tests de charge", en prenant en compte le nombre de messages attendus au Nouvel an. Ce test permet de valider le nombre maximum de messages qu’un seul serveur peut supporter à la fois, avant que l’équipe répartisse le trafic sur d’autres serveurs du réseau.

En cas d'urgence, d'autres leviers existent. Un service nommé Iris permet à Messenger de mettre de côté les accusés de réception, qui comptent pour l'application comme des messages à envoyer, pour se concentrer uniquement sur les contenus écrits, images et vidéos à transmettre. L'entreprise peut également lever le pied quelques heures sur la précision du point vert dans les conversations, qui permet de savoir si une personne est en ligne ou non. Si le nombre maximum de messages envoyés ces dernières Saint-Sylvestre reste à la discrétion de Messenger, le groupe précise néanmoins ne pas avoir eu recours à ces mesures d'urgence l'an passé. 

Plus de 800 millions de SMS

Le bon vieux SMS n'échappe pas à la règle. Malgré sa chute de popularité, le Nouvel An reste l'épreuve du feu pour les réseaux de téléphonie mobile. Chaque année, c'est un test grandeur nature de leur capacité à encaisser un nouveau pic de trafic.

L'an dernier, 505 millions de SMS se sont échangés chez Orange, 323 millions chez SFR, et 45 millions chez Bouygues Telecom, en trois heures seulement pour ce dernier opérateur, font savoir Les Echos. Leur crainte reste inchangée année après année: que leurs infrastructures plient sous le poids de la demande et ne soient plus en mesure de transmettre les messages. 

Ainsi, et après plusieurs simulations pendant l'année, les équipes de ces différents opérateurs s'abstiennent d'apporter des modifications à leurs infrastructures dans les deux dernières semaines de décembre, pour éviter qu'une mise à jour mal calibrée ne vienne entraver les envois et réceptions de vœux. Plusieurs réunions ont également lieu au cours du mois de décembre, pour dimensionner correctement leurs capacités d'interconnexion, alors que certaines fonctionnalités des réseaux sont temporairement inhibées. 

Les équipes portent leur attention sur le "taux de répétition", à savoir le nombre de fois qu'un opérateur tente d'envoyer un message qui ne trouve pas son destinataire. En situation de surcharge, les opérateurs privilégieront le stockage prolongé d'un message aux tentatives vaines et désespérées d'envois successifs. Grâce à l'ensemble de ces précautions, et la baisse du volume de SMS aidant, les opérateurs télécom garantissent depuis plusieurs années déjà, et sans encombre, un envoi des messages en temps et en heure. 

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech