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Christophe Castaner: le traçage numérique, contraire à la "culture française"

Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur.

Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur. - Ludovic Marin / POOL / AFP

En cet état d’urgence sanitaire, l'exécutif entend faire des données télécom, dont celles de géolocalisation, une ressource pour lutter contre l'épidémie. Seules les données anonymisées, ne permettant pas d'identifier une personne, seraient utilisées.

L'hypothèse d'un traçage des données pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, "n'est pas dans la culture française" et "nous n'y travaillons pas", a déclaré Christophe Castaner jeudi soir.

"Ce n'est pas notre souhait, nous n'y travaillons pas (...) Ce n'est pas la culture française et je fais confiance aux Français pour que nous n'ayons pas besoin de mettre en place ces systèmes qui atteignent la liberté individuelle de chacun", a affirmé le ministre de l'Intérieur sur France 2 à propos du traçage numérique, également nommé "backtracking".

"Ce n'est pas un sujet sur lequel nous travaillons", a assuré le ministre, rappelant toutefois qu'un "groupe d'experts a fait un diagnostic de tout ce qui se passait dans les pays étrangers".

Emmanuel Macron a installé mardi, un Comité analyse recherche et expertise (Care) chargé de "conseiller le gouvernement pour ce qui concerne les programmes et la doctrine relatifs aux traitements, aux tests et aux pratiques de "backtracking" qui permettent d'identifier les personnes en contact avec celles infectées par le virus du Covid-19", selon l'Elysée.

Dans plusieurs pays, les données de géolocalisation sont utilisées dans la lutte contre la pandémie pour suivre les déplacements des personnes de façon globale, voire dans certains cas de façon individuelle. D'ores et déjà, il existe des projets en France d'utilisation de données de géolocalisation des téléphones portables. Mais celles-ci seraient anonymisées et agrégées pour rendre impossible toute identification individuelle.

E.T. avec AFP