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À Taïwan, les smartphones suivis en temps réel pour faire respecter la quarantaine

A Taiwan, le smartphone sert à faire respecter la quarantaine.

A Taiwan, le smartphone sert à faire respecter la quarantaine. - Sam Yeh / AFP

Sur l'île, les smartphones font office de balise pour surveiller les déplacements des personnes placées en quarantaine. Le tout non sans désagrément.

À chaque pays, sa stratégie pour endiguer la pandémie de coronavirus. Avec deux décès et 195 cas recensés, l'île de Taïwan, située à 130 kilomètres de la Chine, est pour l'heure parvenue à la contenir, au prix de mesures particulièrement drastiques.

Parmi elles, figure la surveillance de la localisation des smartphones, rapporte Reuters. "L'objectif est d'empêcher les gens de sortir et de propager l’infection", explique à Reuters Jyan Hong-wei, chef du département de la cybersécurité de Taiwan, qui travaille main dans la main avec les opérateurs de télécommunications locaux.

Intervention en 15 minutes en cas d'alerte

Ce système de surveillance est prévu pour alerter la police, dès qu'une personne en quarantaine à domicile s'éloigne de son adresse ou éteint son téléphone, comme pour dissimuler ses trajets.

En cas de notification, les autorités prennent contact avec le potentiel suspect, et peuvent être amenées à lui rendre visite sous 15 minutes, avance Reuters. Et pour dissuader tout un chacun de sortir en laissant son téléphone à domicile, les autorités peuvent passer des coups de fil inopinés au cours de la journée.

Un journaliste résidant actuellement à Taïwan a donné sur Twitter une illustration de ce strict dispositif. Il indique avoir reçu des appels de quatre unités différentes des forces de police, ainsi que la venue à son domicile de certains représentants des autorités, pour avoir laissé son téléphone sans batterie moins d'une heure.

Taïwan est pour l'heure le seul pays à scruter d'aussi près les données de localisation des smartphones pour faire respecter le confinement. Israël a pour sa part, et tout récemment, approuvé des méthodes de surveillance électronique de masse pour faire face à l'épidémie. Son service de sécurité intérieure pourra traquer les données de localisation des téléphones portables de personnes infectées, sans autorisation préalable de la justice et ce durant trente jours, notait Le Monde. Un tel dispositif reste pour l'heure inenvisageable en France.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech