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Huawei se prépare au pire et est prêt à se passer de Google et de Microsoft

Un dirigeant de Huawei indique qu'il dispose d'un OS mobile interne pour remplacer ceux de Google ou de Microsoft si le bras de fer avec les Américains devait se durcir

Un dirigeant de Huawei indique qu'il dispose d'un OS mobile interne pour remplacer ceux de Google ou de Microsoft si le bras de fer avec les Américains devait se durcir - AFP

Pour l'instant, les Américains n'ont pas lancé contre Huawei l'interdiction d'accéder aux technologies américaines comme ils l'avaient fait pour un autre fabricant chinois de smartphones, ZTE. Mais, au cas où, le géant chinois fait savoir qu'il dispose déjà d'une alternative à Android et Windows.

Et si les attaques des Etats-Unis contre Huawei aboutissaient à rendre encore plus fort le géant chinois des télécoms? Dans un entretien donné au quotidien Die Welt, Richard Yu, patron de la division mobile, dévoile que ses équipes préparent un système d'exploitation (OS) pour équiper ses téléphones mobiles.

Il s'agit de se préparer à une possible interdiction des Etats-Unis d'avoir recours à des technologies américaines, notamment Android de Google, comme cela a été le cas avec ZTE en mai 2018. Il ne dit pas si le système est opérationnel, mais il pourrait l'être puisque ce projet a été lancé dès 2012 avec les premières accusations d'espionnage.

Si Huawei utilisait son propre système, les conséquences pourraient être importantes pour les géants américains. Google perdrait comme client le second fabricant mondial de smartphones qui deviendrait même son rival avec les fabricants chinois de plus en plus nombreux. Un effet domino pourrait aussi toucher Apple. Le groupe californien se retrouverait en Chine face à un acteur local capable d'attirer des clients remontés par les accusations américaines. 

Etre prêts pour lancer un plan B

En attendant d'en arriver à cette situation extrême, Huawei cherche encore une solution à l'amiable avec les Américains et tente de rassurer ses partenaires américains.

"Nous soutenons pleinement les systèmes d’exploitation. Android et Windows resteront toujours nos premiers choix", a indiqué Richard Yu en précisant qu'un OS interne est nécessaire en cas d'interdiction d'utiliser Android. Et si cela arrive, "nous serons prêts pour notre plan B" qui ne s'appliquera "que dans des circonstances extraordinaires".

Le patron de la division mobile est aussi revenu sur les accusations d'espionnage des agences de sécurité américaines. Il les qualifie "d'insensées" en ajoutant que "ce n'est pas techniquement possible [...]. Nous avons des normes de sécurité très élevées pour notre matériel et nos logiciels", affirme Richard Yu. Quant à l'accès aux réseaux 5G par les autorités chinoises, le dirigeant est également catégorique: "Notre technologie n'a pas de porte dérobée qui compromettrait la sécurité des réseaux".

Ce bras de fer et l'arrestation de sa fille au Canada, a poussé Ren Zhengfei, fondateur de Huawei à sortir de sa réserve. En février dernier, dans un entretien à la BBC, il affirmait que "les Etats-Unis ne pourront pas nous écraser!".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco