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Pour soutenir Huawei, des entreprises chinoises obligent leurs salariés à boycotter l'iPhone

Dans des entreprises chinoises, les salariés sont menacés de licenciements s'ils utilisent un iPhone

Dans des entreprises chinoises, les salariés sont menacés de licenciements s'ils utilisent un iPhone - Nicolas Asfouri - AFP

Des entreprises chinoises petites ou grandes estiment que Huawei est injustement attaqué par les Américains. Elles offrent des primes aux utilisateurs d'iPhone pour qu'ils s'équipent d'un smartphone chinois. D'autres interdisent l'usage du smartphone d'Apple et menacent de licencier les salariés récalcitrants.

Entre Huawei et les Etats-Unis, les relations ne sont pas au beau fixe, loin de là. Entre l'interdiction des équipements de télécommunication de la société chinoise et l'arrestation de sa directrice financière au Canada à la demande des autorités américaines, le ton monte. Pékin n'a officiellement pris aucune mesure de rétorsion, Huawei tente de rassurer les Etats-Unis et ses alliés, mais les entreprises chinoises ont engagé les hostilités contre les Etats-Unis en visant Apple.

Selon le Nikkei Asian Review, elles sont de plus en plus nombreuses à hausser le ton contre Apple. Elles demandent à leurs salariés de ne plus utiliser d'iPhone. Certaines subventionnent même l'achat d'un smartphone Huawei. Plusieurs d'entre elles vont même jusqu'à offrir un appareil chinois aux employés, voire un second pour leur famille.

Confiscation, licenciement et expulsion

La riposte ne s'arrête pas là. "Dans un brasserie de la province du Henan, les employés et les clients qui présentent un reçu pour un appareil Huawei peuvent consommer gratuitement de l’alcool à hauteur de 30% de cet achat", indique le site.

A Shenzen, un industriel a annoncé que les iPhone étaient interdits dans l'entreprise. Les contrevenants se font confisquer leur appareil et seront licenciés s'ils persistent à ne pas se plier à cette règle. Une association de commerçants de Shanghai menace de radier ses adhérents s'ils vendent des produits Apple.

La plupart des salariés se plient à ces règles, contraints ou non, mais d'autres annoncent qu'ils ne lâcheront pas leur iPhone. Parmi eux, Hu Xijin, rédacteur en chef du Global Times, le quotidien officiel du parti communiste chinois. Il a déclaré publiquement qu'il continuerait à utiliser le sien. Sur les réseaux sociaux, des internautes condamnent les entreprises anti-Apple en les accusant d'un nationalisme trop extrême.

Face à la tourmente, Huawei garde son calme. Dans un message de nouvel an transmis à l'AFP, Guo Ping, l'un des trois responsables assurant la présidence tournante de Huawei, invoque Cicéron: "Plus grande est la difficulté, plus grande est la gloire" avant d'annoncer que selon lui, 2019 apportera des "difficultés encore plus grandes". "Nous ne devons pas être découragés par des incidents d'origine malveillante [...]. Les revers ne nous rendront que plus courageux et un traitement incroyablement injuste nous poussera à devenir numéro un mondial", écrit Guo Ping.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco