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Emmanuel Macron passe en revue les cybercombattants bretons

L'armée a recensé 700 attaques en 2017, un chiffre qui était déjà atteint en septembre 2018

L'armée a recensé 700 attaques en 2017, un chiffre qui était déjà atteint en septembre 2018 - Philippe Huguen - AFP

Après un débat avec des maires bretons, Emmanuel Macron a visité mercredi à Bruz (Ille-et-Vilaine) le centre névralgique de la cyberdéfense française, qui ne cesse de se renforcer pour faire face à l'accroissement des menaces.

Après avoir rencontré les maires de Bretagne et avant de se rendre en Corse, Emmanuel Macron a fait un crochet. Il s'est rendu à Bruz. C'est dans cette ville située au sud de Rennes que s'est installée une unité militaire très particulière: le centre de cyberdéfense français dans lequel 1450 cybercombattants protègent les infrastructures militaires du pays où qu'elles se trouvent, même dans l'espace.

Ce centre unique en Europe a vu ses effectifs augmenter de 30% depuis 2012 et environ 300 recrutements supplémentaires sont prévus par la loi de programmation militaire. 

Le chef de l'Etat a passé une heure et demi avec ces techniciens et ingénieurs, qui travaillent sur ce site sous l'autorité de la Direction générale de l'Armement Maîtrise de l'information (DGA-MI). Comme l'explique Marie-Noëlle Sclafer, directrice de ce centre d'expertise, leur mission est d'identifier les menaces et d'envoyer des informations aux forces sur le terrain. Pour cela, "le spectre des compétences est très large", a expliqué la patronne de la DGA-MI. 

Lutter contre l'IA de l'ennemi

Ces experts ont fait une démonstration de leur capacité à Emmanuel Macron et ont dévoilé comment l'armée utilise l'intelligence artificielle dans ses missions. Ce cyber-exercice classé secret, a été réalisé à huis clos. "Les menaces augmentent en nombre, se complexifient et accélèrent le tempo grâce à l'intelligence artificielle, qui peut chercher systématiquement les failles d'un système. Les attaques sont d'ailleurs de plus en plus automatisées", souligne un responsable des cybercombattants.

L'armée a recensé 700 attaques en 2017, un chiffre qui était déjà atteint en septembre 2018. La LPM (2019-2025) prévoit de porter le budget de la cyberdéfense à 1,6 milliard en 6 ans, notamment en développement des systèmes, dont pour l'intelligence artificielle 10 millions par an, qui seront augmentés à 100 millions en 2022. La LPM prévoit 100 experts en IA et 4000 cybercombattants à l'horizon 2025, soit 1000 personnes supplémentaires.

Pascal Samama avec AFP