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Saint-Chamas: les niveaux de pollution restent élevés, une semaine après l'incendie du centre de recyclage

Plus d’une semaine après l’incendie de l’entrepôt de stockage de déchets, de la fumée est toujours présente dans les environs. Atmosud a relevé des niveaux de pollution trois fois supérieurs à ceux observés dans les bouchons marseillais.

"Quand il y a un temps comme ça, je ne peux pas aérer ma maison. L'odeur s'engouffre dans la maison et c'est insupportable", s'inquiète Sylvie Cuny au micro de BFM Marseille-Provence. Si vendredi les pompiers sont bien venus à bout des flammes qui ont réduit en cendres le centre de recyclage de déchets de Saint-Chamas la semaine dernière, un épais nuage de fumées continue de flotter au-dessus de la commune située à l'ouest d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

"On aimerait avoir un peu plus d'informations, au niveau santé, est-ce qu'il y a des risques? Parce que nous on est là 24h/24", insiste cette habitante.

Interdiction de sortir à la récréation

Si la préfecture assure que "les valeurs relevées sont redescendues en-dessous du seuil d'information depuis le 1er janvier", les activités de plein air restent déconseillées par précaution, "en particulier pour les personnes vulnérables ou sensibles". La préfecture a mandaté l'organisme Atmosud pour effectuer des relevés atmosphériques à proximité du site incendié.

Le maire de Saint-Chamas Didier Khelfa a demandé mardi aux directeurs d'école d'interdire la sortie en récréation des élèves et a fermé les centres sportifs extérieurs et les jeux pour enfants de sa commune "par mesure de précaution". Il espère pouvoir lever ces mesures rapidement, "grâce au mistral qui doit arriver", a-t-il expliqué à l'AFP

Trois fois plus de pollution que dans les embouteillages

De lundi à mardi, le niveau de particules fines PM10 dans l'air autour du site de l'entreprise de recyclage à Saint-Chamas, commune d'environ 8.000 habitants sur les bords de l'Etang de Berre, à une cinquantaine de kilomètres de Marseille, a dépassé 140 µg/m3 (quand le seuil d'alerte est à 80) sur 24 heures, selon les mesures d'Atmosud.

"Dès que le vent est tombé, on a eu ce qu'on appelle un épisode de pollution avec une élévation significative des niveaux de polluants que l'on mesure à proximité de l'incendie et cela a perduré jusqu'à ce que les pompiers noient complètement le feu le matin du vendredi", explique Boualem Mesbah, responsable de l'observatoire de la qualité de l'air.

En effet, les pompiers ont mis cinq jours à venir à bout des flammes. Atmosud a depuis relevé deux pics atmosphériques, dont le dernier ce week-end. "Au niveau des particules en suspension, on a observé des niveaux, sur une moyenne horaire, deux ou trois fois plus élevés qu'en situation de trafic à Marseille", constate Boualem Mesbah.

"On peut faire une comparaison avec Pékin quand les pics de pollution sont les plus intenses", a décrit mardi à l'AFP Dominique Robin, directeur d'Atmosud.

Les pics de pollution observés à Saint-Chamas après l'incendie.
Les pics de pollution observés à Saint-Chamas après l'incendie. © BFM Marseille

Atmosud va laisser en place ses capteurs jusqu'à la fin de la semaine, avant d'envoyer les relevés en analye à l'Agence régionale de santé pour évaluer les répercussions des fumées sur la population.

Julien Mancini avec Louis Chahuneau