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Marseille: pourquoi les éboueurs reprennent leur mouvement de grève

Insatisfaites de l'accord obtenu par Force ouvrière sur la réduction du temps de travail au mois d'octobre, plusieurs organisations syndicales appellent de nouveau à la mobilisation et espèrent rénégocier avec la Métropole.

C'était le 1er octobre dernier. En grève pendant plusieurs jours contre la loi de transformation de la fonction publique, les éboueurs et Force ouvrière parvenaient à un accord avec la métropole, actant une diminution du temps de travail et une prise en compte plus grande de la pénibilité.

Mais ce lundi, pour la troisième semaine consécutive, un nouvel appel à la grève a été lancé par d'autres organisations syndicales dans la Métropole d'Aix-Marseille. La CGT ou encore l'UNSA dénoncent un accord insatisfaisant.

"Le mouvement est reconduit, va prendre de l'ampleur sur tout le territoire métropolitain", a prévenu Christophe Pélissier, représentant de l'Unsa, sur le plateau de BFM Marseille Provence ce lundi matin. Et d'ajouter: "Si on ne veut pas que ces accords soient entérinés (au mois de décembre, ndlr), il faut la mobilisation la plus large possible".

Un "simulacre de négociations"

Il fustige un "simulacre de négociations", auxquelles seule Force ouvrière a participé. Le syndicat représente "38%" des salariés, selon Chrstiphe Pélissier. "Où sont les 62 restant?", s'interroge-t-il.

"On a croisé l'exécutif à deux reprises sans pouvoir émettre de propositions, regrette-t-il. C'était déjà plié. Démocratiquement, évidemment, ça pose problème. Dans un sens, les représentants du personnel ne sont pas entendus."

Si Force ouvrière a obtenu auprès de la Métropole une diminution du temps de travail de 9,5%, Christophe Pélissier explique que les éboueurs travailleront "7h40 sur 200 jours" soit "plus que les 35 heures" auxquelles la profession doit être conformée avec la réforme.

Le représentant syndical craint une diminution de l'espérance de vie et une augmentation de "l'usure du corps" et "des accidents de travail supplémentaires". "Plus que six heures derrière une benne, c'est complètement aberrant", soutient-il.

"Je répète que c'est une profession classée en pénibilité par décret, donc dite profession active, l'État le reconnaît, souligne le représentant syndical. Il faudrait que les collectivités aussi le reconnaissent par la libre administration des collectivités territoriales. (...) Aujourd'hui, le compte n'y est pas: ni en termes de salaires et encore moins au niveau de la qualité de travail. Il y aura des effets de bord."

Des habitants exaspérés

Voyant les déchets s'amonceler, des habitants de la Métropole commencent à perdre patience. "Je peux comprendre leurs revendications mais il arrive un moment où c'est sale, pointe l'un d'eux à notre micro. J'habite en rez-de-chaussée. J'ai peur qu'il y ait des rats, ce genre de choses, qui rentrent. C'est vrai qu'on a un peu un ras-le-bol."

"Non, je ne comprends pas parce que je pense que c'est vraiment plus une histoire politique et de gestion des déchets en général par rapport à la Métropole", s'exaspère une autre habitante.

"On en a un peu marre, ajoute enfin un Marseillais. Entre les crottes de chien, les poubelles de partout, le vent qui amène tout ça sur la chaussée: c'est infect."

Dans certaines communes des Bouches-du-Rhône, comme à Miramas ou Fos-sur-Mer, des bennes ont été installées pour pallier l'absence de ramassage des déchets.

Loïc Hebbache avec Florian Bouhot