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Coronavirus: à Marseille, les laboratoires débordés par les demandes de dépistages

Le nombre de personnes testées positives au coronavirus dans la ville de Marseille continue d'augmenter, et les files d'attente devant les lieux de dépistage de s'allonger.

Pour se faire dépister à Marseille, il faut être patient. Avec un taux d'incidence de 145 cas de coronavirus pour 100.000 dans la cité phocéenne, de 110 cas pour 100.000 dans le département, le préfet des Bouches-du-Rhône a qualifié la situation de "suffisamment alarmante". Pour rappel au niveau national, le taux est d'environ 33 pour 100.000 actuellement.

Les malades se sont multipliés ces derniers jours, puis leurs cas contacts, qui s'ajoutent aux personnes souhaitant faire un test pour pouvoir quitter le territoire, comme le demandent plusieurs pays. Résultat: des files d'attente de quatre, cinq, voire six heures devant l'IHU, l'institut du médiatique professeur Raoult, afin d'accéder au dépistage.

"C'est une très très grosse cadence"

"Dans les laboratoires il n'y avait pas de place et le samedi ils ne sont pas ouverts", témoigne sur BFMTV Marie-Hélène, qui a été en contact avec une personne positive. "Admettons que demain je recroise quelqu'un, je recommence six heures de queue?", s'interroge-t-elle, en patientant dans la longue file devant l 'IHU.

"Je suis arrivé à 6 heures ce matin. Je ne suis toujours pas passé... Ils font rentrer dix personnes toutes les heures. Ça va prendre tellement de temps", s'impatiente Alexandre, cité par La Provence ce lundi. Selon le quotidien, depuis une semaine, le nombre de dépistages a quasi quadruplé dans l'Institut.

Sur son compte Twitter, l'IHU Méditerranée Infection déclare d'ailleurs recruter des techniciens en laboratoire "pour continuer à augmenter nos capacités de dépistage". Les laboratoires privés sont également surchargés de demandes, et plusieurs ont aussi embauché du personnel supplémentaire pour prendre en charge les dépistages Covid-19.

Magalie Gauthier, biologiste travaillant dans un laboratoire marseillais, explique à BFMTV qu'elle réalise près de 100 tests par jour: "C'est une très très grosse cadence, beaucoup trop grosse cadence. On a peur de faire des bêtises, les patients sont sur les nerfs", raconte-t-elle.

Une meilleure priorisation des tests

"Rien n'a été anticipé ni organisé, un laboratoire de biologie n'est pas un centre de dépistage de masse", lance, également sur BFMTV, Philippe Halfon, médecin virologue infectiologue, directeur des laboratoires Alphabio. Il dénonce une campagne de tests incontrôlée, où les cas urgents de dépistage, comme les personnes présentant des symptômes ou les cas contacts, sont mêlés aux personnes se faisant dépister avant de partir à l'étranger.

"Pour peu qu'ils aient un avion à prendre, ou un bateau, beaucoup de gens mentent", déplore auprès de La Provence une secrétaire médicale submergée par les appels téléphoniques.

Or, cette surcharge allonge les délais des analyses. Il faut parfois patienter jusqu'à 5 jours pour obtenir les résultats de son test. Philippe Halfon affirme d'ailleurs au quotidien avoir reçu des menaces et des plaintes de personnes n'ayant pas pu prendre leur bateau ou avion, car les conclusions du dépistage sont arrivées trop tardivement. Des agents de sécurité ont même dû être embauchés dans certains laboratoires.

Vendredi, la maire de Marseille Michele Rubirola a assuré que la ville allait intensifier son action contre le Covid-19, notamment en renforçant les "dépistages gratuits dans tous les secteurs de la ville".

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV