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Plus de policiers? Un plan pour les quartiers? Comment stopper les violences en banlieue lyonnaise

Dernièrement, dans le contexte de renforcement de la menace terroriste après plusieurs attaques en France et dans le cadre de la crise sanitaire, les forces de l'ordre sont fortement sollicitées.

Les violences urbaines se multiplient en banlieue lyonnaise. Lundi soir, des affrontements ont brièvement opposé un groupe d'individus aux forces de l'ordre à Bron après l'incendie d'une voiture. Le même soir, dans la même ville, un jeune homme de 17 est blessé à l'arme blanche. Le lendemain, les forces de l'ordre sont visées par des tirs de mortiers d'artifice à Vénissieux.

"Les faits se répètent, mais surtout, ils s'amplifient", déplore sur BFM Lyon Ludovic Cassier, délégué départemental Unité de police, qui explique cette résurgence de tensions par un "fort sentiment d'impunité" dans ces banlieues. "Les auteurs savent qu'ils ne risquent pas grand chose donc ils se permettent d'attaquer régulièrement la police."

"Il nous faut des renforts, c'est urgent"

"Le problème, c'est aussi que nous sommes de moins en moins nombreux dehors", poursuit le policier. "On manque de monde. On l'a suffisamment crié. Il nous faut des renforts, c'est urgent ."

Dernièrement, dans le contexte de renforcement de la menace terroriste après plusieurs attaques en France et dans le cadre de la crise sanitaire, les forces de l'ordre sont fortement sollicitées. "On a renforcé le plan vigipirate: cela demande des effectifs. On nous demande de faire respecter les mesures sanitaires. Cela nécessite aussi des forces de police. On ne peut pas tout faire", résume Ludovic Cassier.

"Ce n'est pas de policiers dont on a besoin"

Fin octobre, à l'issue d'une rencontre avec les parlementaires lyonnais, le maire de Lyon et le président de la métropole, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'est engagé à augmenter les effectifs de 300 policiers au cours de trois prochaines années.

Mais pour Mokrane Kessi, président de l'association France des banlieues, cette réponse sécuritaire n'est pas la solution. "Ce qu'il se passe dans ces quartiers n'est pas acceptable. Rien ne justifie ces flambées de violences", affirme-t-il. Selon lui, ces incidents ces dernières semaines sont cependant les conséquences d'un abandon des banlieues de la part de l'État.

"Il faut que le gouvernement qui a enterré le plan Borloo, qui a enterré le fait d'avoir un plan sur les quartiers, il va falloir qu'il se mette au travail", alerte t-il, craignant malgré tout qu'il soit déjà "trop tard".

"On a besoin d'adultes, d'éducateurs, d'assistantes sociales, d'enseigants dans nos quartiers. Ce n'est pas de police dont on a besoin", martèle-t-il encore.

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV