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Menu sans viande à la cantine: quand Gérard Collomb prenait la même décision au début de la crise

Cette mesure, destinée à fluidifier les passages à la cantine des écoliers, avait déjà été prise par l'ancien maire de Lyon au mois de mai 2020, sans générer de polémique.

En mai 2020, la décision de Gérard Collomb n'avait pas suscité un tel tollé. Au sortir du premier confinement, le maire de Lyon avait décidé d'imposer temporairement un menu unique - sans viande mais avec du poisson et des œufs - dans les cantines de la ville. Cela dans l'objectif de fluidifier les passages des élèves et de réduire les risques de contamination.

Les verts ont décidé la semaine dernière d'imiter cette mesure pour quelques semaines au moins. Le gouvernement et l'opposition y voient un geste politique, et non sanitaire, ont-ils dénoncé tour à tour à grands renforts de tweets et de déclarations. Gérald Darmanin a fustigé une "idéologie scandaleuse", qu'il perçoit comme une "insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français". Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture, lui a emboîté le pas et a annoncé son intention de saisir le préfet du Rhône.

"Du bon sens"

"On ne vous a pas entendu tenir ces propos à Gérard Collomb, membre de votre famille politique et qui avait pris exactement la même mesure lors de la première vague", s'est défendu Grégory Doucet, édile de Lyon, au cours du week-end. Ce menu "est le seul permettant de n'exclure aucun enfant", a abondé Stéphanie Léger, adjointe en charge de l'éducation.

Selon Bruno Bernard, président écologiste de la métropole de Lyon, le menu unique sans viande relève "du bon sens". Et l'élu de tacler: "Ce qu'on attend de ce gouvernement, c'est d'être aidé en termes logisitiques, financiers et ne pas être attaqués sur des polémiques vaines, qui ne sont pas à la hauteur de la crise sanitaire."

"On n'avait pas l'habitude de tous ces gestes barrières"

Désormais conseiller municipal d'opposition, Yann Cucherat faisait partie de l'équipe municipale de Gérard Collomb lorsque cette décision avait été prise pour la première fois.

"Quand on est sortis du premier confinement, quand il a fallu remettre les écoles en route, on n'avait pas l'habitude de tous ces gestes barrières, a-t-il fait valoir au micro de BFM Lyon. Il fallait répondre à cet enjeu qui arrivait, qui était brutal. Aujourd'hui, un an après on a pris l'habitude des gestes barrières."

Pour le politologue Romain Meltz, professeur de Sciences politiques à Lyon 2 cette salve de critiques contre les Verts, n'est pas le fruit du hasard. "C'est vraiment l'idée de dire: 'Les écologistes sont un ennemi au niveau national, résume l'intéressé. Je suis prêt à utiliser un argument extrêmement contestable qui va fonctionner chez mon électorat national, qui ne va jamais voir le dessous de cette affaire, et qui se dira: C'est vrai que ces écologistes sont quand même très extrêmes. Ce sont des khmers verts très dangereux'".

Le politologue voit en cette polémique "une attaque coordonnée" contre un adversaire sorti grandi des élections municipales, et qui nourrit des ambitions en vue de l'élection présidentielle de 2022.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions