BFM Lyon

"Je n'ai rien dit par peur": une Lyonnaise victime de violences conjugales témoigne

Devant la caméra de BFM Lyon, Emilie, une jeune Lyonnaise, raconte comment elle a réussi à sortir du silence et à aller porter plainte contre son ex-compagnon violent.

A la veille de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, BFM Lyon a pu recueillir le témoignage d'une Lyonnaise, ancienne victime de violences conjugales. Battue par son ex-compagnon, Emilie a réussi à sortir du silence pour mettre fin à la spirale violente de laquelle elle était prisonnière.

Il y a quatre ans, la jeune femme a porté plainte contre son conjoint, après des mois de violences. Elle était alors enceinte de son petit garçon.

"Au début, c'était plutôt des intimidations, des rabaissements basés sur l'aspect psychologique", raconte-t-elle à BFM Lyon. "Puis un jour ont commencé les violences physiques: ça pouvait être parce que j'avais mis trop de poivre dans un plat, parce que j'avais oublié une chaussette dans la machine à laver."

"C'est difficile de se rendre compte de la gravité des faits"

Emilie a mis longtemps à oser parler de ses violences. "Je savait qu'il était violent, manipulateur, et je n'ai rien dit par peur", explique-t-elle. Elle a finalement réussi à briser le silence lorsqu'elle a envoyé des photos de son corps couvert de bleus à une amie.

"C'est difficile de se rendre compte de la gravité des faits puisqu'on est sous cette emprise", déplore-t-elle. On se doute que quelque chose ne pas va pas, que c'est pas normal, que rien ne justifie ça, mais on ne se rend pas compte à quel point c'est grave."

La jeune Lyonnaise, qui vit aujourd'hui avec son fils de quatre ans, explique que c'est surtout l'écoute de ses proches qui lui a permis de se relever. Elle veut désormais lancer un appel à l'entourage de toutes les victimes, dont le rôle est primordial.

"Tout le monde pose la question "ça va?", mais personne n'attend vraiment la réponse", explique-t-elle. "Si l'on poussait un peu, ne serait-ce qu'avec deux trois questions, peut-être que ce serait un peut plus facile pour la victime de se libérer."

Aujourd'hui, elle souhaite être entendue et que sa force aide d'autres femmes à briser le silence. "Je témoigne pour montrer qu'on peut s'en remettre, faire des choses de sa vie. Pour sa reconstruction, c'est très important d'être reconnue victime, d'aller déposer plainte", assure la jeune femme.

Par Maéva Comsis avec Juliette Mitoyen