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Beaujolais: début du recrutement pour les vendanges, inquiétude autour d'une pénurie de main d'œuvre

Les inscriptions pour les vendanges dans le Beaujolais débutent à partir de ce mercredi. Mais à cause de l'épidémie de coronavirus, les producteurs craignent de manquer de main d'œuvre.

À Villié-Morgon, l'incertitude règne autour des prochaines vendanges. Habituellement, près de 20.000 personnes viennent participer aux récoltes dans le Beaujolais, dont deux tiers d'étrangers, majoritairement originaires des pays de l'Est. Mais avec la crise sanitaire, leur présence est incertaine.

"Le risque, c'est qu'au dernier moment ils ne viennent pas, si jamais il y a une détérioration du phénomène", s'inquiète Dominique Piron, viticulteur et président de l'association Inter-Beaujolais.

Douze mois de travail

Lui et les autres producteurs redoutent une deuxième vague de l'épidémie de coronavirus qui aurait tout d'une catastrophe économique pour le secteur. Rien que sur son domaine, Dominique Piron peut remplir 600.000 bouteilles avec les vendanges.

"Ça nous vient même pas à l'idée qu'on ne ramassera pas la récolte", assure-t-il, rappelant que les vendanges sont l'aboutissement de 12 mois de travail et d'investissement. Si l'impasse est faite sur la récolte, "ça veut dire qu'on ne peut pas enchaîner sur la suivante", prévient-il.

Et de poursuivre: "dans notre vignoble, les marges ne sont pas très épaisses. On fonctionne, mais on ne peut pas se permettre de sauter une récolte à pieds joints". Alors, le viticulteur croise les doigts très fort pour espérer que la situation sanitaire ne s'aggrave pas.

Par Corentin Marabeuf avec Benjamin Rieth