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Grande-Synthe: le combat d'un boulanger pour son apprenti, menacé d'expulsion

Maya, jeune Guinéen de 19 ans, apprenti depuis novembre 2018 dans une boulangerie, est aujourd'hui sous le coup d'une obligation de quitter le territoire. Son patron a lancé une pétition.

Après trois ans d'apprentissage en boulangerie, Maya pourrait devoir tout abandonner. Arrivé en France il y a 4 ans à la mort de ses parents, ce jeune Guinéen a appris avec surprise qu'il était menacé d'expulsion au moment de renouveler son titre de séjour.

La raison? Une absence à une partie de ses cours pendant le confinement. "Je n'avais pas accès aux cours en visio, explique le jeune homme qui rêve d'un avenir en France. Mais j'étais là, je suis toujours présent à l'entreprise".

Une pétition lancée

Au total, il s'est vu notifier 35 heures d'absence "et c'est ce qui a joué à la préfecture", explique-t-il. "Ils disent que je ne suis pas sérieux, mais je suis quelqu'un de très sérieux. Je l'aime mon travail, j'ai envie d'avancer".

Pour l'aider, Salem Khelfat, gérant de la boulangerie où travaille Maya à Grande-Synthe, a lancé une pétition sur Internet.

"D'un seul coup, il a les bras coupés avec ce papier qui est arrivé. ça fait vraiment mal au coeur à tout le monde", regrette le boulanger qui l'a embauché en novembre 2018.

Maya "est courageux et très travailleur. Il n'a jamais compté ses heures, y compris depuis le début de la pandémie", assure dans la pétition Salem.

Une promesse de CDI

Arrivé en Europe après avoir dû traverser le Mali, le Niger, la Libye et la Méditerranée, il a été scolarisé en France pour la première fois "ne sachant ni lire, ni écrire, ni compter".

"Il est bien noté en pratique, il a du mal avec les cours théoriques. C'est normal, il a si peu été à l'école. Il n’a pas obtenu son CAP en 2020, à cause de ça. Il s’est réinscrit pour réussir en 2021", explique le boulanger.

Selon le gérant, son apprenti doit donc rester en France pour son exemplarité, mais aussi le savoir-faire acquis. "Je forme quelqu'un pendant trois ans et après il s'en va?", s'agace le boulanger, qui se dit prêt à offrir un CDI à Maya dès la fin de sa formation.

Aujourd'hui, la pétition pour s'opposer l'expulsion du jeune Guinéen a déjà réuni 20.000 signatures.

Jeremy Mahieux avec Benjamin Rieth