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Calais: la Défenseure des droits dénonce les conditions de vie "inhumaines" des migrants

Un camp de migrants à Calais

Un camp de migrants à Calais - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Après sa visite à Calais mardi et mercredi, Claire Hédon s'est alarmée des conditions de vie "des conditions de vie dégradantes et inhumaines que subissent les exilés".

La Défenseure des droits Claire Hédon a dénoncé jeudi les conditions de vie "dégradantes et inhumaines" des migrants vivant à Calais, en plein bras de fer entre l'État et des associations auxquelles la préfecture locale interdit de distribuer des repas aux exilés.

La Défenseure des droits a effectué une visite de deux jours sur place, mardi et mercredi, sur fond de polémique et de bataille judiciaire: celle-ci doit se poursuivre désormais devant le Conseil d'État, qui pourra éventuellement casser la décision d'interdire aux associations non mandatées par l'Etat d'effectuer des distributions alimentaires en centre-ville.

Claire Hédon s'alarme, dans un communiqué, "des conditions de vie dégradantes et inhumaines que subissent les exilés", dont elle a constaté l'"état d'épuisement physique et mental".

Des nourrissons qui "dorment à même le sol"

L'autorité indépendante avait déjà présenté des observations cette semaine au tribunal administratif de Lille, saisi par 13 associations contestant la décision préfectorale, qui ont finalement été déboutées: "En privant les exilés de l'accès à un bien - la distribution de repas -, la mesure de police contestée est constitutive d'une discrimination fondée sur la nationalité", avait-elle fustigé.

"L'accès à la nourriture, à l'eau et à l'hygiène est difficile et complexe", réitère Claire Hédon jeudi, prévoyant de présenter ses observations également au Conseil d'Etat. "Certains exilés n'arrivent pas à manger tous les jours. Les distributions de repas, à horaires variables et pas toujours respectés, sont parfois éloignées des lieux de vie."

Durant sa visite, la Défenseure des droits a constaté "la volonté d'invisibiliser les exilés à Calais", où environ 1200 à 1500 migrants désireux de rallier la Grande-Bretagne, dont des femmes et des nourrissons, "dorment à même le sol, cachés sous des buissons, quelles que soient les conditions climatiques".

"Au moment même où la Commission européenne" a dévoilé mercredi son projet de refonte de la politique d'asile, "la Défenseure des droits souhaite que les discussions s'ouvrent enfin sur les voies légales de l'immigration et exhorte les pouvoirs publics à ne pas s'obstiner dans ce qui s'apparente à un déni d'existence des exilés qui, présents sur notre territoire, doivent être traités dignement, conformément au droit et aux engagements internationaux qui lient la France".

Juliette Mitoyen avec AFP Journaliste BFM Régions