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Calais: l'arrêté interdisant la distribution de denrées alimentaires aux associations non mandatées maintenu par la justice

Une distribution de denrées alimentaires à Calais.

Une distribution de denrées alimentaires à Calais. - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le tribunal administratif de Lille a décidé de rejeter la demande de suspension de l'arrêté préfectoral, qualifié d'attentatoire "aux libertés fondamentales" par des associations.

Elles dénonçaient "une atteinte aux libertés fondamentales". Diverses associations calaisiennes, venant notamment en aide aux migrants, avaient saisi la justice la semaine passée dans le but de faire suspendre un arrêté préfectoral interdisant aux associations non mandatées par l'Etat la distribution de denrées alimentaires dans certains quartiers de la ville. Ce mardi, le tribunal administratif de Lille a annoncé qu'il rejetait ce recours.

Une demande balayée "au motif que le dispositif mis en œuvre par l’État, via son opérateur La Vie Active, permettait de répondre aux besoins essentiels de la population migrante présente sur le Calaisis", précise le tribunal dans un communiqué.

Des "troubles" constatés

"Depuis cet été, des associations non mandatées par l’État avaient mis en place, sur la voie publique et notamment en centre-ville de Calais et autour de la gare, des distributions spontanées de repas", rappelle le tribunal.

Ce dernier estime que la "multiplication des lieux de distribution avait entrainé de nombreux troubles: regroupements sans mesure de distanciation sociale, fixation des populations migrantes en centre-ville, création de campements ou de squats, réactions hostiles aux forces de l’ordre, difficultés de circulation, atteintes à la salubrité publique..."

"Un délit de solidarité"

L'arrêté "dépasse la question migratoire", avait jugé Florent Guéguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité, la semaine passée. "Il reviendrait à recréer un délit de solidarité".

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait quant à lui dénoncé une "caricature malhonnête" de la mesure prise "à la demande de la maire de Calais" pour mettre fin aux "distributions de repas anarchiques".

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions