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Tourcoing: un infectiologue alerte sur une situation "proche de la catastrophe" en réanimation

Invité de BFM Grand Lille, le médecin infectiologue Serge Alfandari alerte sur la situation du service de réanimation de l'hôpital de Tourcoing "plein à craquer", avec la moitié de patients Covid.

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, deux départements qui ont basculé en alerte maximale jeudi, le nombre de cas de Covid-19 grimpe en flèche, exerçant une forte pression sur les hôpitaux de la région. La situation est même "proche de la catastrophe" au centre hospitalier de Tourcoing, dans le Nord, selon les mots de Serge Alfandari, médecin infectiologue de l'établissement.

"C'est extrêmement difficile, le service de réanimation est plein à craquer. On est passé de 16 lits à 22 lits. Malgré cela tous les lits sont pleins, la moitié sont remplis par des patients Covid", a-t-il expliqué sur le plateau de BFM Grand Lille ce vendredi.

Pire encore, "le prochain patient qui a besoin de réanimation, on ne pourra pas le prendre en charge et on sera obligé de le transférer", a ajouté le médecin, qui avoue ne pas savoir "comment on va faire si beaucoup de patients continuent à arriver et ont besoin de réanimation".

Un couvre-feu trop tardif?

Face à cet afflux de patients, l'ARS a activé le plan blanc dans les hôpitaux dans la métropole lilloise. Une mesure qui permet notamment de déprogrammer les opérations non-urgentes ou de reporter les congés des soignants.

Malgré cela, certains patients qui ne sont pas touchés par le Covid continuent d'arriver au centre hospitalier de Tourcoing et nécessitent des soins urgents. "

"La deuxième vague est là (...) La grosse différence avec la première c'est qu'on a tous les patients qui ont des pathologies non-Covid qui ont besoin des pris en charge. Les appendicites, les fractures, les infractus... Et ceux-là, si on n'a pas de place, ça va être catastrophique", poursuit Serge Alfandari.

Le médecin infectiologue de Tourcoing craint par ailleurs que "le couvre-feu ait été mis en place trop tard". "Il ne faut pas le rater", a-t-il cependant alerté, appelant à "limiter les contacts au maximum et limiter le nombre de personnes que l'on rencontre en même temps".

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions