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Menaces contre une mosquée lilloise: procès renvoyé, le suspect remis en liberté sous contrôle judiciaire

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

Le prévenu avait été interpellé en juin dernier à son domicile de Faches-Thumesnil. Dans une vidéo postée sur Telegram, il faisait part de son intention de commettre une attaque contre la mosquée de Lille Sud.

Un jeune homme arrêté en juin dernier pour avoir proféré dans une vidéo des menaces contre une mosquée de Lille a été remis en liberté sous contrôle judiciaire vendredi, après un nouveau renvoi de son procès. Faute d'expertise psychologique, son procès en comparution immédiate est repoussé, pour la seconde fois, au 25 octobre.

Dans l'attente de cette nouvelle audience, cet homme de 23 ans, détenu depuis près de deux mois, est remis en liberté sous contrôle judiciaire, en raison des délais maximum de détention provisoire.

Son interpellation avait à l'époque été annoncée sur Twitter par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Interdiction d'approcher la mosquée

Outre un pointage hebdomadaire à la gendarmerie et une obligation de soins, le jeune homme a l'interdiction de détenir une arme et de paraître aux abords de la Grande mosquée, des consignes qu'il a promis de "respecter".

L'interdiction de s'approcher de la mosquée est jugée fondamentale par l'avocate du lieu de culte, Jéromine Armand, qui souligne que les fidèles ne sont "pas rassurés" par ce placement sous contrôle judiciaire.

À l'audience, le jeune homme a répondu par l'affirmative au juge qui lui demandait s'il consommait bien, depuis environ un an, une bouteille de vodka par jour. Interrogé sur ses convictions religieuses, il a indiqué être athée.

Pour son avocat, Me Quentin Mycinski, l'obligation de soins constitue la dimension la plus importante du contrôle judiciaire, en raison de ce problème d'alcoolisme.

Interpellé à Faches-Thumesnil

Le 23 juin, le prévenu avait été interpellé à son domicile de Faches-Thumesnil après un signalement via la plateforme en ligne Pharos d'une vidéo publiée sur l'application Telegram, dans laquelle un homme faisait part de son intention de commettre une attaque contre la mosquée de Lille Sud.

Une autre séquence portait sur la tuerie de Christchurch, en 2019 en Nouvelle-Zélande, que l'auteur de la vidéo qualifiait de "pur bonheur". Un suprématiste blanc avait alors tué 51 personnes et en avait blessé des dizaines d'autres dans deux mosquées.

Rapidement identifié, le suspect a reconnu pendant les auditions être l'auteur des menaces.

Lors d'une première comparution devant le tribunal fin juillet, il avait assuré avoir agi sous l'emprise de l'alcool, sans éprouver "aucune haine".

M.L. avec AFP