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"Faut-il attendre un drame?": Martine Aubry interpelle Gérald Darmanin sur l'insécurité à Lille

Dans un courrier au ministre de l'Intérieur, Martine Aubry a exprimé son souhait d'une meilleure gestion de la sécurité à Lille et demande davantage de moyens policiers.

Dans une lettre envoyée au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, Martine Aubry a exprimé ses craintes concernant une poussée de l'insécurité à Lille. Ce courrier, diffusé sur Twitter ce jeudi, fait suite aux annonces du gouverment, concernant la forfaitisation des amendes et de nouveaux partenariat entre les polices.

Ces dernières semaines, différentes agressions se sont succédées dans des quartiers difficiles de la métropole. Ce pourquoi l'édile réclame la mise en place d'un "véritable plan de renforcement des moyens humains et matériels" en matière de sécurité. "Il n'appartient pas à la police municipale dont ce ne sont ni la compétence, ni la formation, de se subsituer au responsabilités de l'Etat", souligne-t-elle.

La maire de Lille déplore l'absence de changement dans sa ville malgré des signalements auprès des prédécesseurs de Gérarld Darmanin.

"Qu'attend-on pour que Lille et sa Métropole soient enfin traitées à la hauteur des besoins qui s'y font ressentir? Faudra-t-il attendre un drame comme celui qu'a connu la ville de Nice pour, qu'à notre tour, nous bénéficions d'un renfort d'effectifs enfin conséquent?", martèle-t-elle dans son courrier au ministre.

De nouveaux dispositifs de police sur la métropole

La maire rappelle que Lille est devenu un territoire d'expérimentation en matière de lutte contre l'insécurité et le trafic de stupéfiants. Cette mesure s'était concrétisée par le déploiement de la Brigade de Reconquête républicaine (B2R), dite "la police du quotidien", sur certains quartiers populaires.

Ces trafics génèrent une délinquance et une violence de plus en plus insupportables pour les habitants qui vivent dans des immeubles véritablement mis en coupe réglée par les dealers

Martine Aubry déplore un dispositif "partiellement mis en oeuvre" dans ces secteurs, qualifiés de "zones de non droit". C'est d'ailleurs à Moulins, l'un de ses quartiers non couvert par ce dispositif, qu'une femme a été agressée par un dealer de drogue, le 18 juillet dernier.

La maire appelle également à la coopération avec les pays européens pour "endiguer l'entrée des produits stupéfiants" dans la ville.

Avec les ports de Rotterdam et d'Anvers, ainsi que les frontières à proximité, la métropole est particulièrement exposée à "un enracinement durable des trafics".

Corentin Nicolas