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Les remous aux États-Unis font plonger Wall Street et les bourses asiatiques

Les marchés américains ont de nouveau flanché après avoir vécu leur pire semaine depuis 2008, tandis que la bourse de Tokyo a atteint cette nuit son niveau le plus bas depuis 20 mois.

La nervosité de Wall Street a gagné mardi la Bourse de Tokyo, qui a lâché plus de 5% à la clôture après un week-end prolongé, les investisseurs prenant peur face aux multiples incertitudes politiques et économiques aux États-Unis.

L'indice vedette Nikkei a terminé sur un plongeon de 5,01% à 19.155,74 points, au plus bas en 20 mois. Il a perdu plus de 1.000 points, sa pire dégringolade depuis le 6 février 2018, sur fond de renforcement du yen, ce qui dessert les groupes exportateurs.

Le Nikkei était pourtant monté à près de 25.000 points début octobre, et a donc perdu plus de 20% depuis cette date. Cette contre-performance fait entrer l'indice dans la catégorie de "marché déprimé" ou "bear market", en référence à l'ours, symbole d'un marché démoralisé, tout comme le Nasdaq vendredi à New York.

Les places boursières chinoises ont aussi évolué dans le rouge même si elles ont limité les dégâts dans l'après-midi, les investisseurs partant à la chasse aux bonnes affaires: l'indice composite de Shanghai et celui de Shenzhen ont cédé près de 1% à la clôture.

Noël oblige, la place de Hong Kong était, elle, fermée, tout comme les Bourses d'Australie, d'Inde, d'Indonésie, de Malaisie, de Nouvelle-Zélande, des Philippines, de Singapour et de Corée du Sud.

Le "chaos" Trump

Selon les courtiers, les raisons du plongeon des Bourses sont nombreuses: "le ralentissement de l'économie mondiale, les retombées de la querelle commerciale entre Pékin et Washington, l'impasse budgétaire ou 'shutdown' aux États-Unis" qui paralyse une partie des administrations américaines, détaille Makoto Sengoku, analyste à l'institut de recherche Tokai Tokyo.

C'est surtout à Washington que se cristallisent les craintes. Au point que les dirigeants démocrates ont accusé lundi Donald Trump de provoquer "le chaos" dans le pays à la veille de Noël. "La Bourse plonge tandis que le président mène une guerre personnelle contre la Réserve fédérale, juste après avoir limogé son ministre de la Défense", le général Jim Mattis, ont-ils asséné.

Agacé par la décision de la banque centrale d'augmenter une nouvelle fois les taux la semaine dernière, Donald Trump a tempêté lundi contre l'institution, affirmant dans un tweet: "Le seul problème de notre économie, c'est la Fed".

Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, n'a pas arrangé la situation en faisant état de discussions individuelles avec les patrons des six principales banques américaines, "ce qui a causé des inquiétudes sur les marchés", a commenté dans une note Toshiyuki Kanayama, analyste chez Monex.

Les investisseurs "n'ont pas confiance dans l'administration Trump. Ils sont mus par leur perception des choses, et elle est très mauvaise en ce moment", a résumé Stephen Innes, chef de la division Asie-Pacifique chez Oanda, interrogé par l'AFP.

Le S&P 500 plonge

De son côté, la Bourse de New York, après avoir encaissé sa pire semaine depuis 2008, a de nouveau flanché lundi dans un marché ébranlé par les remous à Washington et la chute des prix du pétrole.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 2,91% pour terminer à 21.792,20 points. L'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a lâché 2,21% pour clôturer à 6.192,92 points. Tandis que l'indice élargi S&P 500 a plongé de 2,71% pour finir à 2.351,10 points, son plus bas niveau depuis avril 2017.

Considéré comme le plus représentatif par les investisseurs, le S&P 500 a perdu 19,8% depuis son pic fin septembre, s'apprêtant ainsi à rejoindre le Nasdaq dans la catégorie des indices ayant lâché plus de 20% en quelques mois.

Y.D. avec AFP