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Vente de l’usine Smart: l’intersyndicale appelle à une manifestation ce vendredi

L'intersyndicale de l'usine Smart à Hambach (Moselle) appelle à la grève et à une manifestation ce vendredi matin pour "exiger le maintien des emplois industriels sur le site".

L'intersyndicale de l'usine Smart à Hambach (Moselle) appelle à la grève et à une manifestation ce vendredi matin pour "exiger le maintien des emplois industriels sur le site". - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

L’intersyndicale appelle les salariés de Smart à manifester ce vendredi. L’usine située en Moselle a été mise en vente par son propriétaire Daimler début juillet.

Les salariés de Smart à Hambach (Moselle) sont appelés à manifester et faire grève ce vendredi matin à Sarreguemines pour "exiger le maintien des emplois industriels sur le site", a annoncé l’intersyndicale de l’usine.

Ce site historique de la marque de micro-citadines Smart a été mise en vente début juillet à la surprise générale par son propriétaire Daimler, en raison de difficultés financières liées à l'épidémie de Covid-19, avait alors expliqué le groupe allemand aussi propriétaire de Mercedes.

Le milliardaire Jim Ratcliffe est sur les rangs pour abriter sa toute nouvelle marque de 4X4, Ineos Automotive, et son premier modèle, le Grenadier. Un véritable changement de culture pour cette usine qui ne produit plus que des modèles électriques depuis l’an dernier, et devait accueillir d’ici 2022 un tout nouveau modèle de la marque Mercedes, lui aussi électrique.

"Le début d'une bataille" pour l'intersyndicale

L'intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, CFDT et CFTC) de l'usine Smart et des sous-traitants "appelle l'ensemble des salarié.e.s, leurs familles et leurs proches, la population de la circonscription, ainsi que les élu.e.s de tout bord, à unir leurs forces et à exiger solidairement le maintien des emplois industriels sur le site", écrit-elle dans un communiqué.

"Cette mobilisation n'est que le début d'une bataille, afin que Daimler respecte ses engagements vis à vis des salarié.e.s qui ont beaucoup donné à cette entreprise, en acceptant d'énormes sacrifices", ajoute l'intersyndicale qui appelle à une "journée de grève" vendredi.

"Daimler, l'un des plus riches et plus puissants constructeurs automobiles au monde, peut-il se comporter comme un flibustier en vendant le site de Hambach, sous prétexte de difficultés financières qui seraient réglées par le seul sacrifice d'un ou plusieurs sites industriels en Europe ou dans le monde?", s'interrogent les syndicats, qui ont déposé lundi un droit d'alerte.

Les syndicats reçus à Bercy ce mercredi

A l'issue d'un comité social et économique mardi "avec les dirigeants allemands", l'intersyndicale "n'a toujours aucune garantie sur l'emploi" et regrette que "la stratégie rapide de Daimler ne (prenne) pas en compte le volet social".

Une délégation doit être reçue mercredi au ministère de l'Economie "pour demander un autre repreneur industriel avec un projet de longue durée et des émissions carbone à zéro", a déclaré à l'AFP Jean-Luc Bielitz représentant syndical CGT.

La députée LREM Nicole Trisse a invité les élus de Moselle à se joindre à la manifestation pour témoigner leur "soutien" aux 1600 salariés de Smartville, qui vivent "une véritable épreuve". "Notre bassin de vie tout entier risque de souffrir gravement de cette décision", souligne la députée.

Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp avec AFP Cheffe de service BFM Auto