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Vaccin: la France nie avoir privilégié Sanofi au détriment des autres laboratoires dans la commande européenne

Un soignant s'apprête à administrer le vaccin de Pfizer-BioNTech contre le Covid-19, à l'Institut Michener, à Toronto, au Canada, le 14 décembre 2020

Un soignant s'apprête à administrer le vaccin de Pfizer-BioNTech contre le Covid-19, à l'Institut Michener, à Toronto, au Canada, le 14 décembre 2020 - CARLOS OSORIO © 2019 AFP

Une enquête du journal Der Spiegel accuse la France d'avoir empêché la commande de centaines de milliers de doses supplémentaires du vaccin du duo Pfizer/BioNTech, pour éviter qu'il n'en ait plus que le laboratoire français Sanofi.

Dans une enquête peu relayée publiée le 18 décembre, le journal allemand Der Spiegel porte de lourdes accusations contre la France. Selon cet article, l'Europe possèderait moins de doses de vaccin que prévu, en partie parce que la France aurait refusé que l'Union européenne achète plus de vaccins au duo américain et allemand Pfizer/BioNtech qu'au français Sanofi. Ce dernier accuse des retards de plusieurs mois et son vaccin, élaboré en collaboration avec le laboratoire britannique GSK, ne sera pas prêt avant la fin de l'année prochaine.

C'est "un mensonge", a dénoncé lundi sur France Inter Clément Beaune, le secrétaire d'État chargé des Affaires européennes.

C'est du grand n'importe quoi. Jamais la France, ni l'Allemagne, ni aucun autre pays n'a demandé à baisser des doses de contrat qu'on aurait signé avec tel ou tel laboratoire. Il est faux de dire que pour protéger un laboratoire français nous aurions demandé à ce qu'il y ait moins d'achat avec un laboratoire allemand. Il ne faut pas mentir sur ces choses-là", a regretté Clément Beaune.

L'Agence européenne des médicaments doit autoriser ou non, ce lundi, le premier vaccin contre le Covid-19, celui du duo américain et allemand Pfizer/BioNTech. "On ne l'a pas retardé, évidemment. Arrêtons d'opposer les uns aux autres, on a besoin de tous les vaccins", a assuré Clément Beaune.

Une hypothèse "fantaisiste"

Cette hypothèse est totalement fantaisiste, a réagi de son côté sur Twitter Agnès Pannier-Runacher, la ministre de l'Industrie. Comment expliquez vous dans ce cas que les contrats passés avec Astra Zeneca, Curevac (entreprise allemande) et Janssen comportent plus de doses que celles commandées à Sanofi?"

"Au surplus les quantités commandées ont été fixées début septembre avant toute publication des résultats des études cliniques de phase 3 et par recensement des demandes des États membres... l’UE a veillé avec professionnalisme à avoir plusieurs options en quantité suffisante", a ajouté la ministre.

De son côté, le commissaire européen Thierry Breton n'a pas expressément répondu aux accusations du journal allemand. Mais il a insisté ce lundi sur BFM Business sur l'intérêt de commander des vaccins de plusieurs laboratoires.

Il y a sept laboratoires et autant de types de vaccins. Certains vont peut-être démarrer plus tôt que d'autres, a détaillé Thierry Breton ce lundi sur BFM Business. C'est la raison pour laquelle nous avons multiplié les sources d'approvisionnement. Mais nous avons désormais sécurisé les doses de vaccin et c'est vraiment ça qui nous différencie des autres continents, on peut en être fier".
https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech