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Economie

Transport maritime: mais où sont passés les containers?

Depuis quelques semaines, les grands armateurs positionnent leurs navires sur les routes asiatiques et transpacifiques, bien plus juteuses. Résultat, les entreprises européennes peinent à trouver des containers pour exporter leurs marchandises.

L’inquiétude est vive dans le monde de la logistique. Depuis quelques semaines, les entreprises européennes peinent à exporter leurs marchandises. En cause, les grands armateurs tels que MSC, CMA CGM ou Maersk qui ont préféré déployer leurs navires sur les grandes routes asiatiques ou transpacifiques (Asie-Etats-Unis), lesquelles rapportent beaucoup plus en cette période de pandémie.

Résultat, les entreprises françaises et européennes font face à une pénurie de containers dans les principaux ports commerciaux. Certaines, qui avaient pourtant réservé leur container plusieurs semaines à l’avance, se voient finalement contraintes de reporter leurs exportations. Dans le même temps, des zones, notamment en Asie, se retrouvent avec un excédent de containers vides.

En temps normal, les armateurs repositionnent en permanence leurs containers à travers le monde pour répondre à la demande. Mais la pandémie a modifié leur stratégie. Une situation problématique que confirment de grandes entreprises de la logistique comme Bolloré Logistics ou le géant danois du transport DSV. Ajoutés à cela, des escales annulées, un phénomène de surbooking et beaucoup de "laissé à quai". De quoi tendre davantage la situation du transport maritime.

La Quai d'Orsay réfléchit à des moyens d'action

Contactés, les principaux armateurs n’ont pas souhaité faire de commentaire. Le gouvernement français dit pour sa part suivre le dossier. "La situation est préoccupante", reconnaît le cabinet du ministre du Commerce extérieur, Franck Riester. Le Quai d’Orsay constate effectivement que "des compagnies maritimes refusent d’embarquer certains produits, notamment agricoles, pour repositionner au plus vite les containers vers l’Asie", là où le business est le plus juteux. Le ministère dit réfléchir à des moyens d’action.

Du côté du syndicat du secteur TLF Overseas, on explique que les armateurs en profitent pour faire exploser les taux de fret. Ce qui a tendance à fragiliser un peu plus les PME du transport déjà affectées par la crise sanitaire.

Les dirigeants de Bolloré Logistics regrettent ces freins concrets aux exportations qui génèrent des "goulets d’étranglement". Cela pose un sérieux problème pour la compétitivité des ports français et européens ainsi que pour les entreprises qui ont peu voire pas de visibilité sur leurs exportations. Et la situation pourrait durer jusqu’au mois de février, soit jusqu’au nouvel an chinois.

Jean-Baptiste Huet avec Paul Louis