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Sanofi va conditionner plus de 100 millions de doses du vaccin Pfizer d’ici la fin de l’année

Un flacon avec l'inscription "vaccin contre le Covid-19", à côté du logo de Sanofi, photographiés le 23 novembre 2020

Un flacon avec l'inscription "vaccin contre le Covid-19", à côté du logo de Sanofi, photographiés le 23 novembre 2020 - JOEL SAGET © 2019 AFP

Dans une interview au Figaro, le patron du laboratoire français a annoncé un accord avec Pfizer pour le remplissage de flacons dans son usine de Francfort. Cette participation à "l'effort collectif" ne remet pas en question les travaux sur les vaccins de Sanofi, indique Paul Hudson. 

Sanofi y travaillait, voici donc la confirmation. Dans un entretien au Figaro, le patron du laboratoire français, Paul Hudson, annonce que son groupe allait bien aider le duo Pfizer/BioNTech à produire le vaccin germano-américain. Concrètement, Sanofi va "conditionner le produit" à partir du mois de juillet" dans son usine allemande de Francfort.  

"Nos équipes travaillent ensemble pour mettre les choses en place dans de bonnes conditions, car il s’agit d’une procédure bien plus complexe qu’il n’y paraît. La mise en flacons du vaccin doit se faire dans un environnement stérile et à très basse température "explique Paul Hudson qui espère fournir "plus de 100 millions de doses d’ici la fin de l’année", destinées à l'Union européenne," et donc en partie à la France." 

Une participation à "l’effort collectif" alors que l'UE a enregistré des mauvaises nouvelles la semaine dernière : des baisses de livraison de Pfizer et d'AstraZeneca, confrontés aux limites industrielles de la production. Dans ce contexte, Sanofi subissait la pression du gouvernement français pour venir en aide à certains laboratoires. 

Vers une extension de l'accord ?

Si l'accord signé ce mardi se limite au flaconnage, les discussions se poursuivent pour aller au-delà, à savoir la production du principe actif, selon les informations obtenues par BFMTV. Un procédé à la portée de Sanofi mais qui réclame une logistique particulière ainsi que des transferts de technologie. 

Car Sanofi n'a pas l'intention d'abandonner ses travaux sur ses propres vaccins anti-covid. "Nous sommes confiants. Nous avons réussi en neuf mois ce qui nous aurait pris 2 à 5 ans en temps normal!" explique Paul Hudson en évoquant le vaccin "classique" développé par Sanofi (une autre version, basée sur l'ARN Messager étant aussi en développement). Sa délivrance est toujours prévue pour le dernier trimestre de l’année.

"Nous pensons que notre technologie pourrait être plus efficace contre ces mutations du virus ou pour certaines sous-populations grâce à son adjuvant" assure le patron. 

Reste à savoir comment vont se dérouler les tests cliniques de ce fameux vaccin. Interrogé par BFM Business, au début du mois, Sanofi avait assuré vouloir se passer d'un comparatif avec placebo. En effet, comment mener des tests en délivrant sciemment des molécules inactives, alors que des vaccins efficaces sont sur le marché? Finalement, Sanofi utilisera bien ce comparatif.  

"Nous veillerons à mener nos essais dans différentes régions du monde où le virus circule activement pour pouvoir mesurer son efficacité, mais aussi dans les zones où le vaccin n’est pas encore disponible pour toute la population" affirme Paul Hudson. 
Thomas Leroy avec Gaëtane Meslin