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RER B: l'intersyndicale de Bombardier accuse Alstom de lui "enlever le pain de la bouche"

Bombardier emploie 64.000 personnes.

Bombardier emploie 64.000 personnes. - François Lo presti - AFP

Malgré le rachat de Bombardier par Alstom, l'entreprise dénonce le contrat de rames de RER qu'elle devrait pourtant honorer.

L'intersyndicale de Bombardier Transport France, racheté par Alstom fin janvier, s'est insurgée lundi contre un nouveau recours d'Alstom contre l'attribution à Bombardier du contrat pour la fourniture de rames du RER B, s'inquiétant pour la pérennité de son site de Crespin (Nord).

"L'intersyndicale Sud industrie, CGT et CFDT de Bombardier Transport France, s'insurge contre ces procédures à répétition de contestation d'une commande gagnée à la loyale", écrivent les syndicats dans un communiqué, accusant leur acquéreur de vouloir leur "enlever le pain de la bouche".

Bombardier Transport et l'espagnol CAF avaient été retenus le 13 janvier, face à l'offre, plus chère, d'Alstom, pour fournir 146 rames de RER pour 2,56 milliards d'euros, la livraison des premières rames devant intervenir fin 2025.

Mais Alstom a multiplié les recours, parvenant à retarder la signature du contrat jusqu'à sa prise de contrôle de Bombardier Transport, effective depuis le 29 janvier.

Un carnet de commandes jusqu'en 2032

Finalement, le 4 février, Alstom a annoncé qu'il retirait l'offre de Bombardier Transport, ce qui n'a pas empêché la RATP et la SNCF de signer le lendemain le contrat attribuant la fourniture de nouvelles rames à Bombardier Transport et CAF.

"Alstom cherche-t-il a empêcher notre site de Crespin d'avoir son carnet de commandes perdurer après 2025 ?" s'interrogent les syndicats dans leur communiqué. "Cette commande, c'était du pain béni pour nous, avec un carnet de commandes jusqu'à 2032", a expliqué à l'AFP le délégué Sud Karim Khatabi.

"On a l'impression qu'Alstom a pris les clés de la maison et bafoue toutes les règles d'information et consultation des salariés", a-t-il ajouté, indiquant qu'une réunion extraordinaire du Comité social et économique (CSE) devait se tenir à la demande des organisations syndicales le 11 février.

Selon le groupe français, "les conditions technico-financières de l'offre du consortium Bombardier-CAF ne correspondent pas aux prix de marché et ne permettent pas d'exécuter ce contrat sans risques importants pour le financeur, l'exploitant, les voyageurs et pour notre entreprise".

Un argument qui laisse les syndicats "très perplexes puisque chaque appel d'offres fait l'objet d'un audit ?nancier du client", écrivent-ils. Fin janvier, Alstom est devenu numéro deux mondial du secteur de la construction ferroviaire en rachetant Bombardier Transport, la branche ferroviaire, déficitaire, du groupe canadien.

Situé près de Valenciennes, le site de Crespin de Bombardier Transport est la plus grande usine ferroviaire de France.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi avec AFP Journaliste BFM Éco