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"Requin" et "privilégié": les Français en veulent à leur banquier, selon une étude

Chez les hommes, ce sont les ingénieurs qui sont les plus nombreux à avoir des aventures, suivi par les cadres financiers et enfin les banquiers.

Chez les hommes, ce sont les ingénieurs qui sont les plus nombreux à avoir des aventures, suivi par les cadres financiers et enfin les banquiers. - Pexels

Selon un sondage réalisé par Yougov pour MoneyVox, un Français sur deux estime que son conseiller bancaire fait passer ses intérêts avant les siens.

Pourquoi tant de haine? Entre les Français et leur banquier, les relations ne sont pas toujours simples, notamment après la crise économique qui a frappé la France l'année dernière.

Selon un nouveau sondage réalisé par Yougov pour MoneyVox, dévoilé par BFM Business, la moitié des Français juge que leur conseiller "fait passer ses intérêts avant les siens".

De la même façon, 26% des répondants considèrent leur banquier "comme un requin" et 36% comme "un privilégié".

Dernière critique, 40% des sondés ne le considèrent tout simplement pas comme un partenaire pour leurs projets.

Mauvais rôle

Un désamour qui s'explique par le statut particulier du banquier, un des rares comatants à pouvoir refuser une vente, en l'occurrence l'ouverture d'un compte, même si un droit au compte existe. Surtout, le banquier a un large droit de regard pour l'octroi des crédits. Il prend alors "un rôle de juge mal supporté par les clients, étudiant alors le comportement quotidien du candidat, épluchant ses relevés de compte", rappelle MoneyVox dans son étude.

"Enfin, le banquier est le seul commerçant qui a une visibilité directe sur le compte du client, et surtout, qui peut y intervenir directement sans demander son autorisation".

Quant au statut de privilégié, il prend probablement racine dans le système même de la banque, qui gagne de l'argent grâce à l'argent des clients. Les frais bancaires, notamment lors des découverts, participent à cette colère tout comme l'assimilation des conseillers bancaires de proximité aux traders fortunés.

Service public gratuit

En réalité, les données de la profession dévoilent des salaires modestes, surtout en début de carrière avec une rémunération moyenne de 26.000 à 28.000 euros bruts/an, selon le cabinet de recrutement Hays. Pour autant, le banquier bénéficie d'une part variable et de primes liées à ses objectifs de vente.

Dernière indication du sondage: 68% des Français considèrent que la banque devrait être un service public gratuit. De quoi inciter les groupes bancaires à revoir leurs pratiques?

Sondage YouGov pour MoneyVox, réalisé du 02 au 03 juin 2021 sur 1068 personnes représentatives de la population française.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business