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Remboursement des PGE: un an après, l’heure du choix pour les dirigeants d’entreprise

Les PGE arrivent à leur première échéance

Les PGE arrivent à leur première échéance - -

Près d'un an après les premières souscriptions de prêts garantis par l'Etat, les entreprises doivent désormais se prononcer sur les modalités de remboursement. Plusieurs options s'offrent à elles.

Il y a près d’un an, Emmanuel Macron décidait de mettre l’économie française sous cloche pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Dans le même temps, le gouvernement annonçait une batterie de mesures dont la mise en place de prêts garantis par l’Etat à hauteur de 300 milliards d’euros pour aider les entreprises à faire face aux effets du confinement. Depuis, plus de 650.000 d’entre elles ont souscrit un PGE pour un montant total de 132 milliards d’euros.

Ce dispositif exceptionnel peut représenter jusqu’à 3 mois du chiffre d’affaires de 2019 ou deux années de masse salariale pour les entreprises créées depuis le 1er janvier 2019. L’Etat, lui, garantit 70 à 90% du montant du PGE selon la taille de l’entreprise pour inciter les banques à prêter.

Il revient ensuite aux emprunteurs de décider des modalités de remboursement du prêt selon les différentes options qui leur sont proposées. Une décision qui doit intervenir "deux à quatre mois avant la date d’anniversaire de leur PGE", rappelle le ministère de l’Economie et des Finances. Près d’un an après les premières souscriptions, l’heure du choix est donc arrivée pour les premières entreprises y ayant eu recours.

•Remboursement intégral

Première possibilité: les entreprises peuvent rembourser intégralement et immédiatement leur PGE. Cela concerne notamment celles dont la situation financière est restée solide en 2020 et/ou qui n’ont pas forcément eu besoin d’utiliser le prêt qui leur a été octroyé. Le groupe Fnac-Darty qui a souscrit un PGE de 500 millions d’euros dès avril 2020 a par exemple annoncé fin février qu’il prévoyait de le rembourser en intégralité cette année, "au plus tard" en avril.

Le fabricant de câbles Nexans a également approuvé le 16 février le remboursement anticipé de son PGE de 280 millions d’euros obtenu en juin 2020. Porté par la bonne tenue du transport maritime, l’armateur CMA-CGM a de son côté déjà rempli ses obligations de remboursement sur son PGE de 1,05 milliard d’euros.

•Etalement sur un à cinq ans

Les entreprises dont la trésorerie est moins reluisante peuvent choisir d’amortir le remboursement du PGE sur une durée d’un à cinq ans (la durée maximale des PGE étant fixée à 6 ans), voire de rembourser immédiatement une partie du prêt et d’étaler le remboursement du reste, toujours sur une période d’un à cinq ans.

Il faut toutefois garder à l’esprit que le prêt sera d’autant plus coûteux que la période de remboursement est longue. Ainsi, "les banques se sont engagées à proposer une tarification maximale de 1 à 1,5% pour des prêts remboursés d’ici 2022 ou 2023" et de "2 à 2,5% pour des prêts remboursés d’ici 2024 à 2026, coût de la garantie de l’Etat compris", souligne Bercy.

•Différé d’un an supplémentaire

Une autre alternative pour les entreprises dont l’activité demeure morne consiste à opter pour un différé d’un an supplémentaire du remboursement du PGE, de sorte que la première annuité n’interviendra qu’en 2022. Dès lors, elle pourra rembourser tout ou partie du prêt à cette échéance, ou lisser le remboursement du reste. Si cette dernière option peut être avantageuse à court terme, notons qu’elle ne modifie en rien la durée totale du prêt. Ce qui signifie que l’emprunteur devra le rembourser sur un à quatre ans (au lieu de cinq) avec des échéances mécaniquement plus élevées.

Reste qu’une bonne nouvelle pourrait arriver prochainement. En effet, le gouvernement a fait part de son souhait d’allonger "de six à huit ans" la durée de remboursement des prêts garantis par l’Etat. "Nous commençons à discuter avec la Commission européenne sur un allongement de la durée de remboursements des PGE. Nous aimerions passer de six à huit ans pour sécuriser les entrepreneurs", a déclaré il y a un mois le ministre en charge des PME, Alain Griset.

•La moitié des PME prêtes à rembourser au moins une partie en 2021

Pour les entreprises qui n’auraient pas réclamé l’intégralité du PGE auquel elles pouvaient prétendre il y a un an (trois mois de chiffre d’affaires), le gouvernement offre aussi la possibilité de demander un nouveau prêt un an après (ou deux si différé) pour atteindre ce montant maximal. Quant à celles qui n’auraient pas du tout eu recours au PGE depuis le début de la crise, elles ont jusqu’au 30 juin 2021 pour changer d’avis.

Selon une enquête menée par Bpifrance en janvier, plus d’un tiers des PME (35%) ont déclaré avoir très peu, voire pas utiliser leur PGE. La moitié des PME prévoient de surcroît de rembourser au moins partiellement leur prêt en 2021, tandis que 6% craignent au contraire de ne pas être en mesure de le rembourser.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco