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Rachat de Suez: Veolia propose un dispositif parlementaire pour contrôler ses engagements

Le PDG de Veolia assure que le rachat de Suez ne détruira pas d'emplois

Le PDG de Veolia assure que le rachat de Suez ne détruira pas d'emplois - Eric Piermont-AFP

Le patron de Veolia a proposé la mise en place d'un dispositif parlementaire visant à vérifier les engagements sociaux qui seraient pris dans le cas d'une fusion avec Suez.

Le PDG de Veolia a suggéré mardi devant les sénateurs la mise en place d'un dispositif parlementaire visant à vérifier les engagements sociaux qu'il prendra dans le cas d'une fusion avec Suez, avec possibilité de sanction financière. "Je suis persuadé qu'il est possible d'imaginer, au sein du parlement, de mettre en place un dispositif de suivi, contrôle, et sanction, des engagements sociaux pris, et ce sur un champ pluriannuel", a dit Antoine Frérot, auditionné par le groupe de travail sénatorial sur les conséquences du projet de fusion Suez-Veolia.

"J'ai bien dit sanctions, y compris financières, afin de veiller et obliger au respect de ces engagements. Je sais que cela n'existe pas mais on doit pouvoir l'imaginer. Et je propose que le rapprochement Veolia-Suez soit le cobaye d'un tel dispositif, qui pourra être utile pour d'autres exemples de rapprochements à l'avenir", a-t-il ajouté.

Le rachat de Suez projeté par Veolia ne détruira pas d'emplois mais en créera, a-t-il martelé, répondant à des sénateurs sceptiques sur ce sujet. Qu'il s'agisse des agents de terrain, des ingénieurs ou encore des juristes, "j'ai besoin d'eux", a énuméré le dirigeant. Sur quelque 750 salariés du siège de Suez à La Défense, selon ses calculs, seuls 200 devraient être réorientés et bénéficieraient d'un poste "de qualité égale" au sein de la future entité. Et concernant les activités de Suez à céder pour respecter les lois anti-trust, les repreneurs devront présenter les mêmes engagements sociaux, a-t-il encore affirmé.

"Créer un grand champion du secteur"

Le PDG de Veolia a aussi été interrogé sur d'éventuels soutiens à son projet au plus haut niveau de l'Etat. "J'ai dit que je n'avais pas eu de conversation avec ni l'Elysée ni les pouvoirs publics, mais que j'avais informé l'un et l'autre", a-t-il répondu. "Et c'est qui les pouvoirs publics, en dehors de l'Elysée? C'est Matignon et Bercy, que j'ai informé de mon projet, avant de le rendre public le 30 août".

Il a redit avoir formé son projet après qu'Engie eut exprimé son intention de céder ses parts dans Suez. "L'entreprise Suez est à vendre. Mon projet permet à tous ses salariés de rester français, et de participer, dans l'équité avec les gens de Veolia, à cette aventure consistant à créer un grand champion du secteur, un champion qui sera d'abord utile aux territoires français", a-t-il encore dit.

Veolia a acquis le 5 octobre 29,9% des actions de son rival historique auprès d'Engie. Il compte désormais lancer une OPA sur le reste des parts, une fois obtenu un accord avec le conseil d'administration de Suez. Mais celui-ci, ainsi que les syndicats du groupe, rejettent catégoriquement un projet qui selon eux générera destructions d'emplois et casse industrielle. Un groupe de travail a été créé à l'Assemblée nationale puis au Sénat pour entendre les protagonistes.

J. B. avec AFP