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Suez: Engie donne son feu vert à l'offre de Veolia

Veolia a proposé à Engie de lui racheter ses 29,9% de parts dans Suez pour 2,9 milliards d'euros

Veolia a proposé à Engie de lui racheter ses 29,9% de parts dans Suez pour 2,9 milliards d'euros - KENZO TRIBOUILLARD, ERIC PIERMONT © 2019 AFP

Le conseil d'administration d'Engie s'est déclaré favorable à l'offre de Veolia pour racheter ses 29,9% dans Suez pour 3,4 milliards d'euros en dépit du vote contraire de l'Etat.

C'est une victoire pour Antoine Frérot, patron de Veolia. Le conseil d'administration d'Engie s'est donc prononcé en faveur de la vente de ses 29,9% dans Suez à Veolia, pour 3,4 milliards d'euros, annonce le groupe dans un communiqué diffusé lundi soir.

"Le Conseil a pris acte de l’ensemble des engagements pris par Veolia et notamment de son engagement inconditionnel de ne pas déposer d’offre publique d’achat hostile à l’issue de l’acquisition de la participation d’Engie dans Suez et des échanges entamés entre les parties ces derniers jours sur le projet industriel", dit-il.

L'Etat a voté contre

"Dans ce contexte, le Conseil a décidé d’accepter l’offre de Veolia. Cette opération représente un produit de cession de 3,4 milliards d’euros et dégagera une plus-value avant impôts de 1,8 milliard d’euros enregistrée dans les comptes 2020", ajoute le Conseil.

La voie semble donc dégagée pour Veolia après que le fonds Ardian, présenté comme un recours, eut renoncé à déposer une contre-offre lundi au conseil d'administration d'Engie.

Malgré l'engagement de Veolia de ne pas mener une OPA hostile sur Suez à la suite de ce rachat, une condition posée par l'Etat, ce dernier a "voté contre" la vente des parts d'Engie à Veolia, "en l'absence d'accord amiable entre Veolia er Suez", selon un communiqué de Bercy.

Suez "mettra tout en oeuvre" pour éviter une prise de contrôle

"En l’absence d’accord amiable entre les deux entreprises, Veolia et Suez, l’Etat, actionnaire à hauteur de 22% de l’entreprise Engie, a voté contre la proposition de cession du bloc de Suez à Veolia lors du conseil d’administration d’Engie du lundi 5 octobre 2020", écrit le ministère de l'Economie.

A l'issue de son conseil, Engie se dit "déçu des divergences avec l'Etat mais juge que les parties défendent leurs intérêts".

Farouchement opposé à cette opération, Suez avait déclaré plus tôt dans la journée, "qu'il mettra en oeuvre tous les moyens à sa disposition pour éviter une prise de contrôle rampante ou un contrôle de fait" de son concurrent Veolia.

Dans un communiqué, Suez a confirmé tenir pour "hostile" la démarche de Veolia. La position de la direction de Suez est appuyée par les représentants syndicaux du groupe, mais aussi par des figures politiques comme des députés LREM qui avaient invité le ministre de l'Economie Bruno Le Maire "à donner du temps au temps".

OC avec AFP