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Que représente l'immigration économique chaque année en France? 

Le Premier ministre Edouard Philippe débattant sur l'immigration à l'Assemblée nationale, le 7 octobre 2018.

Le Premier ministre Edouard Philippe débattant sur l'immigration à l'Assemblée nationale, le 7 octobre 2018. - Alain JOCARD / AFP

Edouard Philippe a confirmé mercredi que seront débattus chaque année au Parlement à partir de 2020 "des objectifs quantitatifs ou des quotas" sur l'immigration économique. Actuellement, les étrangers obtenant un titre de séjour pour ce motif représentent une partie minoritaire de l'ensemble de la population qui immigre en France chaque année.

Edouard Philippe détaillait ce mercredi ses mesures sur l'immigration. Une réforme critiquée de tous bords - jugée trop dure à gauche et pas suffisamment à l'extrême-droite - et qui suscite la controverse même au sein de La République En Marche.

Parmi les mesures du gouvernement, l'une s'atèle à l'immigration économique. Une catégorie qui rassemble principalement des salariés, mais également des saisonniers, des scientifiques, des artistes...

Ils seront notamment visés par les fameux quotas, une des mesures les plus controversées de la réforme. Ces "objectifs chiffrés" d'immigrés "professionnels" seront fixés chaque année, dès l'été 2020, pour que la "France recrute" en fonction de ses besoins de travail, expliquait mardi la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Les motifs économiques représentent 13% de l'ensemble des titres de séjours

Le nombre de titres de séjours délivrés pour des raisons économiques (33.502 en 2018) représente une petite partie des quelque 255.956 titres octroyés en 2018, comme l'illustre l'infographie ci-dessous qui se base sur des chiffres officiels provisoires.

Une faible part de l'immigration totale donc, qui a conduit Marine Le Pen, présidente du RN, à dénoncer une "escroquerie politique". Christian Jacob, chef de LR, évoque lui aussi un "affichage" et préférait "une approche globale" de la question.

L'immigration économique augmente certes, mais pas autant que le nombre d'étudiants étrangers

Bien qu'il soit minoritaire, le nombre de titres de séjours délivrés pour des raisons économiques a augmenté de 56% en dix ans. Une forte progression donc, mais néanmoins plus faible que la hausse du nombre d'étudiants étrangers (+ 59% sur la même période) ou des titres de séjours délivrés pour des motifs humanitaires (+ 120% entre 2008 et 2018). 

S'il est assez simple de connaître leur nombre, il est plus difficile en revanche de connaître l'origine de ces immigrés économiques. Les dernières données que nous avons pu consulter sur ce sujet datent de 2015. Dans Le recrutement des travailleurs immigrés: France 2017, l'OCDE détaillait les nationalités principales des étrangers ayant obtenu un titre de séjour pour des motifs économiques.

Leur classement se basait sur la moyenne annuelle des titres accordés par la France entre 2007 et 2015. Et sur cette période, ce sont les Etats-Unis qui arrivent en tête, juste devant le Maroc, avec environ 2100 migrants économiques envoyés dans l'Hexagone chaque année. 

Louis Tanca avec AFP