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Publicité en ligne: la France condamne Google à 220 millions d'euros d'amende

Google condamné à 220 millions d'euros d'amende.

Google condamné à 220 millions d'euros d'amende. - DENIS CHARLET © 2019 AFP

Il s'agit de la première condamnation au monde sanctionnant les processus d'enchères des algorithmes du géant américain. Google n'a pas contesté la sanction.

L'Autorité française de la Concurrence a infligé 220 millions d'euros d'amende à Google pour avoir favorisé ses propres services dans le secteur de la publicité en ligne, a-t-elle annoncé lundi dans un communiqué.

Google "n'a pas contesté les faits" et l'amende a été décidée dans le cadre d'une procédure de transaction avec le géant américain, a indiqué l'Autorité de la concurrence qui avait initialement été saisie par trois groupes de presse, News Corp, le Figaro et Rossel.

L'enquête, qui fait suite à une plainte déposée par News Corp., Le Figaro (qui s'est désisté de la saisine en novembre 2020) et le groupe de presse belge Rossel, a conclu que Google avait abusé de sa position dominante sur le marché des serveurs publicitaires pour éditeurs de sites web et d’applications mobiles.

"L’Autorité a constaté que Google a accordé un traitement préférentiel à ses technologies propriétaires proposées sous la marque Google Ad Manager, à la fois en ce qui concerne le fonctionnement du serveur publicitaire DFP et de sa plateforme de mise en vente SSP AdX au détriment de ses concurrents et des éditeurs", écrit l'Autorité de la concurrence dans un communiqué, qualifiant ces faits de "graves".

Google ne favorisera plus ses services

Google n'a pas contesté les faits qui lui sont reprochés, précise cette dernière. Dans le cadre de l'accord, le géant américain a accepté d'apporter des modifications à certains de ses services de publicité en ligne. Google a notamment proposé des engagements visant à améliorer l’interopérabilité des services Google Ad Manager avec les solutions tierces de serveur publicitaire et de plateforme de mise en vente d’espaces publicitaires. L'entreprise s'engage également à mettre un terme aux dispositions qui la favorisaient, détaille le régulateur français.

"La décision sanctionnant Google a une signification toute particulière car il s’agit de la première décision au monde se penchant sur les processus algorithmiques complexes d’enchères par lesquels fonctionne la publicité en ligne 'display'", explique Isabelle de Silva, présidente de l’Autorité de la concurrence, citée dans le communiqué.
"Cette sanction et ces engagements permettront de rétablir un terrain de jeu équitable pour tous les acteurs, et la capacité des éditeurs à valoriser au mieux leurs espaces publicitaires", ajoute-t-elle.
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi avec AFP Journaliste BFM Éco