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Prêt de 10.000 euros pour les jeunes: une idée "intéressante" pour Bruno Le Maire

Les frais de scolarité ou de logement sont souvent très coûteux pour les étudiants à l'étranger.

Les frais de scolarité ou de logement sont souvent très coûteux pour les étudiants à l'étranger. - Image AFP

Le délégué général de LREM Stanislas Guerini propose de créer un prêt à taux zéro de 10.000 euros pour les 18/25 ans remboursable une fois un niveau de revenu atteint.

L'idée fait son chemin. Interrogé sur la proposition de Stanislas Guerini, délégué général de LREM, de créer un prêt à taux zéro de 10.000 euros pour les 18/25 ans, Bruno Le Maire l'a jugée "intéressante".

"Je trouve que c'est une idée intéressante et que toutes les idées qui permettront de dire aux jeunes étudiants, qui aujourd'hui sont dans une situation extrêmement difficile, que nous leur apportons des solutions, que nous leur apportons des propositions, mérite d'être étudiée", a déclaré le ministre sur France Culture.

Ces prêts ne seraient remboursés "que si on a la faculté de les rembourser, parce qu'on a trouvé un métier, un emploi, qui vous permet de les rembourser", ajoute le ministre de l'Economie.

"Idée qui mérite d'être étudiée"

Rappelons que ce prêt serait accessible "quelle que soit l'origine sociale" et sans condition d'usage, serait "remboursable sur une période très longue, 30 ans", et le serait "uniquement si l'on atteint un certain niveau de revenu, que je propose de fixer à 1800 euros brut par mois", précise Stanislas Guerini au journal Le Monde.

"C'est un emprunt sans risque car si vous n'atteignez pas ce revenu, vous n'avez pas à rembourser", ajoute-t-il. Cinq millions de personnes pourraient être concernées. "Chaque année, dès qu’une classe d’âge aurait la majorité, elle y aurait droit".

Le dispositif "n’est pas une allocation" et "repose sur un principe de responsabilisation avec un capital remboursable", souligne le responsable.

Pour l'Etat, une telle mesure pourrait coûter chaque année 500 millions d'euros d'euros par an en prenant en compte un taux de défaut de 20% (les prêts qui ne seraient pas remboursés donc).

Accueil glacial de l'Unef

Reste que la proposition a reçu un accueil glacial de la part de l'Unef, un des principaux syndicat étudiant.

Interrogée par BFM Business, Mélanie Luce, présidente de l'Unef juge "scandaleuse" cette proposition "déconnectée de la réalité" et "n'est pas une vraie réponse". "Au lieu d'aides sociales, on nous propose un prêt, on ne veut pas commencer notre vie active en s'endettant".

Le syndicat réclame depuis longtemps que les étudiants soit considérés comme des personnes à part entière et donc éligibles aux aides sociales comme le RSA: "nous sommes la seule population à n'avoir aucun filet de sécurité. On veut juste rentrer dans le droit commun avec une extension du RSA ou une allocation d'autonomie basées sur les ressources des étudiants et non pas des parents", explique Mélanie Luce.

L'Unef rappelle qu'il faut prévoir un budget de 1100 euros par mois pour un étudiant non-boursier en Ile-de-France (912 euros en province), de quoi atteindre très vite les 10.000 euros...

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business