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Pourquoi la canicule pourrait coûter cher à l'économie française

Entre Paris et les zones rurales, les écarts de températures peuvent atteindre 10 degrés.

Entre Paris et les zones rurales, les écarts de températures peuvent atteindre 10 degrés. - Alain Jocard - AFP

Consommation en berne, chantiers à l'arrêt, transports perturbés, production électrique restreinte... Un fort épisode de canicule peut avoir des conséquences néfastes et non-négligeables sur l'économie.

La France s’apprête peut-être à vivre sa pire semaine de canicule depuis 1947 selon Météo France. Cette vague de chaleur va avoir des conséquences sur nos comportements et cela va avoir un impact sur l’économie. Evidemment, le plus grand risque que fait courir cette vague de chaleur concerne avant tout les individus. En 2003, lors de la précédente grosse canicule, il y avait eu une surmortalité estimée à 19.500 personnes. Et c’est évidemment ça le plus grand danger de ces fortes chaleurs.

Mais dans une moindre mesure, l’économie avait souffert cette année-là. Les fortes chaleurs cet été-là avaient eu un impact négatif de 1,5 à 3 milliards d’euros sur l’économie française, selon un rapport du Sénat, soit tout de même 0,1 à 0,2 point du PIB annuel.

Température en hausse, consommation en baisse

Pourquoi un tel impact de la canicule sur l'économie? Parce qu’elle touche aux deux moteurs de l’économie que sont la consommation d’un côté et la production de l’autre. La consommation tout d’abord. Certes les Français vont consommer plus de glace et acheter plus de climatiseurs mais cela ne suffira pas à compenser la chute d’autres biens de consommation.

En août 2003, la consommation des ménages avait baissé de 2,7%. Les achats de vêtements avaient chuté de près de 9% et celles de produits alimentaires comme la viande de 8%. Or ce sont de gros postes de dépenses. Par ailleurs, la canicule fait flamber les prix des fruits et légumes puisqu’elle provoque des sécheresses ce qui occasionne des rendements moindres. Toujours en 2003, l’épisode de chaleur avait fait grimper les prix des légumes frais de 22%.

Mais le plus grand risque économique concerne les entreprises, soit la production. Comme sur les individus, ces fortes chaleurs entraînent un effet de torpeur sur l’économie qui perd en dynamisme et en activité. Et si les conséquences sont assez limitées pour les emplois de bureau, de nombreux secteurs sont bien plus "météosensibles". A commencer évidemment par le bâtiment. En cas de forte chaleur, les chantiers sont arrêtés et les salariés se retrouvent au chômage technique. Il y a aussi les transports aérien ou ferroviaire. La canicule gêne le décollage des avions et affecte le matériel ferroviaire comme les rails et les caténaires. Résultat : de nombreux retards.

Enfin l’énergie et la production d’électricité: la consommation peut doubler selon RTE en cas de forte chaleur avec les climatiseurs qui tournent à plein et les frigos qu’on ouvre plus souvent. Il faut donc espérer que l’épisode ne dure pas trop longtemps pour éviter les coupures d’électricité.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco