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Pour Laurent Berger, il faut discuter des salaires sinon "on aura été hypocrites"

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- - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le leader de la CFDT appelle "chacun à prendre sa responsabilité" sur la question des salaires alors que la crise sanitaire a mis en lumière les faibles revenus des salariés en première ligne.

"Il va falloir amorcer une discussion sur les salaires, les parcours professionnels, la reconnaissance, sinon on aura été hypocrites" vis-à-vis des salariés en première ligne, estime le numéro 1 de la CFDT Laurent Berger dans le Parisien Dimanche. "Chacun doit prendre sa responsabilité", ajoute le secrétaire général de la CFDT, interrogé en face à face avec le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.

Le patron des patrons juge pour sa part que "cela va être compliqué pour les entreprises dans le rouge d'augmenter significativement les salaires". Il prend l'exemple des agents de nettoyage qui "travaillent souvent pour des sous-traitants qui ont du mal à augmenter les salaires sans augmenter les coûts". "Pour les caissiers et les caissières, la question qui se pose, c'est celle des marges, qui sont faibles", détaille-t-il en concédant toutefois que "le sujet des parcours peut être posé".

Un régime universel des retraites "reste souhaitable"

Interrogé sur le climat social à venir, il estime que "l'ambiance dans les entreprises n'est pas mauvaise". "Mais on peut craindre que la crise économique se transforme en crise sociale puis démocratique, observe-t-il, appelant de ses vœux des "investissements de l'Etat". "L'investissement d'accord", rétorque Laurent Berger, "mais il faut aussi que les entreprises aient une conscience de leur responsabilité sociale et sociétale. Il faut une conditionnalité des aides, sinon, ce ne sera pas accepté".

Dans ce contexte, l'instauration d'un régime universel des retraites, si elle "reste souhaitable" pour Laurent Berger, "reviendra plus tard". Pour le président du Medef également "ce n'est plus la priorité". En revanche, Laurent Berger souhaite "trouver des règles qui soient adaptées à la période difficile qu'on va traverser" pour l'assurance chômage. Il estime qu'il faut "inventer de nouvelles conditions de négociation des plans de sauvegarde de l'emploi" et lancer "un vrai plan pour l'emploi", notamment dans le secteur de la rénovation thermique des logements.

P.L avec AFP